En pleine tournée de conférences dans les écoles, à la rencontre des jeunes pour raconter son parcours inspirant, l’aventurier Normand Piché prépare déjà sa prochaine odyssée planétaire.
Après avoir relié les 5 continents à la nage dans un temps record de 74 jours, le Campivallensien d’origine se propose de faire la traversée de 8 corridors marins considérés comme étant les plus difficiles à négocier au monde. «Des cours d’eau de 20 à 45 km comme le « English Channel », qui relie le Sud de l’Angleterre à la France», a évoqué le globe nageur, lors d’une conférence prononcée à la tribune du Club Richelieu de Valleyfield.
Ainsi, la croisade sportive et humaine intitulée «O5 Swim the world» pourrait faire place au défi «O8» à la fin de 2018 ou au début de l’année 2019. «Cette première réalisation a amené un autre rêve, un nouveau challenge qui est en train de se dessiner», a exprimé Normand Piché devant l’auditoire réuni à l’Hôtel Grant dans le secteur Saint-Timothée.
Photos et montages vidéo à l’appui, l’orateur invité a relaté les hauts et les bas de son périple qui a nécessité une «dévotion totale». Des nages historiques d’une distance totale d’environ 100 km, que seul le Français Philippe Croison avait réussi à accomplir en 100 jours.
«Chaque traversée a été un petit miracle. A mi-chemin, je n’étais pas certain de pouvoir continuer. A force de petits coups de bras, un à la fois, j’ai pu me rendre jusqu’au bout», se souvient l’homme âgé de 45 ans.
Normand Piché atteste que la mer Rouge, séparant l’Afrique et l’Asie, s’est révélé le plus grand combat. «L’océan s’est déchaîné. Les courants sont venus de tous les côtés, sans oublier la présence de prédateurs marins. J’ai nagé pendant 8 heures pour franchir 20 km», élabore celui qui était accompagné de quatre professionnels lors de son expédition.
Ayant passé par toute la gamme des émotions, Normand Piché s’est référé à la dynamique d’équipe qui a été gage de succès. Sans l’appui de ses acolytes, il n’aurait pu signer une nouvelle page d’histoire.
Les eaux froides de 4 degrés dans le détroit de Béring, les piqûres de méduses et les requins dans l’Océan pacifique, la pollution dans les eaux du détroit de Gibraltar, la crainte de voir flotter des corps de réfugiés syriens dans la mer Egée… rien n’a épargné le courageux nageur qui dit avoir engendré des coûts de 208 000 $ dans cette aventure commanditée.
Motivé par l’idée de vivre ses propres Jeux Olympiques après avoir été témoin de la conquête d’une médaille par de ses amis, le patineur artistique Eric Radford, à Sotchi en Russie, l’entrepreneur en «coaching» de vie a souligné l’importance du caractère humain de son expérience.
«J’ai pu constater dans mes rencontres avec des citoyens du monde que nos différences sont notre plus grande richesse. C’est pourquoi je veux transmettre un message d’union et de solidarité», conclut Normand Piché, qui entend réciter son histoire à des jeunes de 80 écoles et organismes humanitaires avant son prochain départ.
