Il y a un an, Nicolas Deslauriers était un obscur joueur des Sabres de Buffalo. Désormais, son jeu enthousiasmé en fait un des favoris dans l’uniforme du Canadien de Montréal. En dehors de la glace, l’attaquant de puissance assure être toujours comme le petit gars de 12-13 qui vivait à Saint-Anicet.
«Je sais d’où je viens et dans la vie, je me suis toujours dit que tu dois travailler fort pour ce que tu as, a souligné le hockeyeur.

Je donne beaucoup de crédit à mes parents; on a une compagnie de déménagement et j’ai passé par des bouts roughs à travailler quand j’étais jeune. Mais en dehors de la glace, je suis toujours le même. »
Sur la glace, il arbore toutefois le logo de la Sainte-Flanelle. Plus qu’un symbole, ce logo est imprégné d’une tradition. Deslauriers le sait et il en est fier. «J’adore jouer ici, explique-t-il. C’est tellement facile avec l’énergie du Centre Bell. La motivation n’est pas difficile à aller chercher. »
L’attaquant ne passe toutefois plus inaperçu. À Montréal, le hockey c’est 24/7, une véritable religion. Deslauriers trouve bizarre de se retrouver sous les feux de la rampe, lui qui n’était pas habitué à cette visibilité à Buffalo. Mais il demeure terre à terre devant la situation.
Contrat à négocier
N’empêche, celui qui a été obtenu en retour de Zach Redmond en octobre dernier prend de la valeur à chaque partie. Il a inscrit un sommet personnel de 7 buts jusqu’à présent, ce qui lui a permis d’être promu au sein du trio de Jonathan Drouin et Alex Galchenyuk. Tout ça, alors que son contrat arrive à échéance le 1er juillet. «Je ne suis pas un gars qui se met de la pression, assure-t-il. Il y a des choses qui arrivent pour de bonnes raisons. Je ne pensais pas être échangé ici. En même temps, une saison comme l’an passé [aucun but en 42 parties] m’a fait prendre de la maturité comme personne mais aussi comme joueur. J’essaie de ne pas trop penser à ma situation. »

N’empêche, il est devenu l’un des favoris de la foule par sa fougue. Les partisans l’ont rapidement adopté. En 29 parties, il totalise 128 mises en échec. C’est 4,4 en moyenne par partie, un sommet dans la LNH. «Si je fais 10 présences dans une partie et que j’ai la chance de frapper quelqu’un à chaque fois, c’est fatiguant, annonce Deslauriers. C’est une chose qui me donne un boost. J’ai un bon timing cette année et je sais qu’avec Drouin et Galchenyuk, mon rôle est de faire le job dur et créer de l’espace pour eux. »
Ainsi son style de jeu n’a pas changé. Il y a peut-être ajouté plus de vitesse avoue-t-il.
Course aux séries
Pendant que Deslauriers connaît une bonne saison, la situation est différente pour son équipe. Après 49 parties, le Canadien à 10 points d’une place en éliminatoires. «Ce n’est pas le fun, a-t-il lancé. J’ai joué plus de 250 parties dans la LNH et je n’ai jamais joué dans les séries. Je pense qu’on est une équipe qui peut en gagner 10 de suite, puis deux parties sur trois jusqu’à la fin et avoir encore une chance. Un match comme ce soir [jeudi le 25 janvier, perdu 6-5 contre les Hurricanes de la Caroline], on aurait dû le gagner. C’est un gros deux points qu’on a perdus. »
Saison 2017-2018 de Nicolas Deslauriers
29 parties – 7 buts – 3 passes – 10 points – 14 minutes de pénalité – +8 – 128 mises en échec
