Policier depuis 22 ans, Cédric Léveillé a décidé il y a quelques années de coucher sur papier ce qu’il retirait de ce métier en devenant auteur et le succès est venu naturellement et rapidement.

«Sur le terrain tu n’as pas beaucoup de temps pour réfléchir en dehors du travail que tu as à faire. Maintenant je fais plus un travail de bureau et ce que j’ai vécu pendant toutes ces années est revenu et je voulais le sortir. Ça demeure de la fiction, de la société noire, mais je m’inspire un peu de la vie de policier, parce qu’on ne nous appelle pas quand ça va bien. Écrire mes premiers romans ça a été une forme de thérapie», indique Cédric Léveillé qui a obtenu une belle réponse dès la sortie de son premier ouvrage, L’Éveil de Némésis.

«Pour mon premier, je ne m’attendais à rien, mais il y a eu une belle réponse. J’ai donc décidé de poursuivre et ça a donné la Trilogie de Némésis. Trois livres sur une thématique de vengeance. Qu’est-ce qui arrive quand le pire t’arrive?», lance l’auteur qui a un faible pour son second roman, Les Larmes de Némésis. «C’est mon préféré. C’est très sombre», rigole celui qui aime bien les descriptions, sans tomber dans le gore, l’horreur, le surnaturel ou les scènes sanglantes. «On comprend, mais je ne vais pas dans des détails inutiles.»

Un nouveau personnage

Récemment, l’auteur qui a préféré opter pour l’autoédition, parce que ça lui offre une pleine liberté, a décidé de se concentrer sur un nouveau personnage. «Mais une même ambiance. Léon Castel. On le rencontre dès le départ et on apprend beaucoup de choses de lui. C’est un ancien soldat, qui revient à Montréal. Son frère l’appelle parce qu’il a fait quelque chose de grave et qu’il a le désir de retrouver sa fille. Castel décide de donner un coup de main et il tombe sur quelque chose de plus gros, plus vaste», raconte, sans dévoiler de punch, ce fils de journaliste qui parle de prostitution juvénile dans son plus récent opus.

«Dans mon métier, j’ai vu des choses incroyables, mais la prostitution juvénile, c’est le crime le plus grave que j’ai vu dans ma carrière et je suis sensible à ça, parce que ça existe encore», assure Cédric Léveillé qui plante son personnage dans de nombreuses scènes d’action. «On ne s’ennuie pas. Ce n’est pas Reacher, mais j’aime Reacher», dit-il pour ceux qui connaissent la série d’action.

De l’inspiration

Que ce soit dans les journaux, les chaînes d’information continue, ou mieux encore dans son propre métier au quotidien, l’auteur de Vaudreuil-Dorion ne manque pas d’inspiration. «Les faits divers, on peut se nourrir de ça en tant qu’auteur. Plus jeune, mon père mettait toujours les bulletins de nouvelles à la télé, il y a des choses qui me reviennent, mais aussi j’ai eu cette chance de vivre des choses qui m’ont nourries. Je décris ce que j’ai vu, ce que je vis. Ce qui m’intéresse c’est d’offrir le plus réel et le plus crédible possible», précise celui qui a fait relire les aventures de Castel par un ami, un ancien militaire.

Il s’agit d’un filet pour celui qui n’a pas d’éditeur. «C’est un gros travail et ça demande une grosse discipline, mais je suis capable de le faire parce que ma conjointe m’a donné le temps et l’espace pour le faire. Je peux écrire et vivre ce rêve grâce à son support», indique le père de famille. Avec trois enfants, il assure toutefois que dans l’ordre, il est père de famille, ensuite policier et enfin auteur.

«J’ai plein d’idées pour Castel ou d’autres personnages, mais je dois prendre le temps et le faire quand ça marche. Je n’ai pas de story board, alors je pars du point A pour me rendre au point Z, avec, entre les deux, un droit de me laisser aller. Ça me permet de voyager et de connaître des personnages, auxquels il ne faut toutefois pas s’attacher», conclut avec un clin d’œil Cédric Léveillé qui peut décider d’une page à l’autre de faire disparaître un truand, un voleur, ou même un héros.

Entre-temps, il est possible de se procurer Léon Castel La porte de Montréal en ligne sur amazon.ca. Dans ce cas, il s’agit d’achat local, puisque ses livres ne sont pas disponibles dans les librairies québécoises. On en profite pour découvrir la Trilogie de Némésis au passage et voir les clins d’œil à Vaudreuil-Dorion.