Soixante-quatorze ans après que Lucille Daoust ait pris époux et ainsi quitté la résidence familiale de Sainte-Barbe, elle a retrouvé son frère Fernand et sa sœur Anita aux Résidences Salaberry. Bien qu’ils avancent en âge, on sent que les liens familiaux ne s’effritent pas et sont donc toujours tricotés serrés.
«On se voit pratiquement tous les jours, confirme Fernand. On a toujours du plaisir quand on se rencontre, on prend des nouvelles. »
La famille Daoust comprenait 17 enfants nés; six sont toujours vivants. Lucille, 94 ans, Fernand, 87 ans et Anita, 83 ans, habitent depuis juillet dernier aux Résidences Salaberry.
«Ma sœur est moi sommes arrivées à deux jours d’intervalle au mois de juillet, mentionne Lucille. Un de nos frères avait déjà résidé ici et avait aimé l’endroit. Nous avions aussi l’occasion de nous rapprocher de Fernand. »
Mariée en 1941, elle avait quitté le noyau familial. De retrouver son frère et sa sœur au quotidien la réjoui. «On n’a pas le temps de se chicaner, rigole-t-elle. Les trois on se croise tous les jours et je dine avec ma sœur tous les jours. »
Anita souligne que l’entraide a toujours été une valeur importante chez les Daoust. «On n’est pas toujours d’accord avec les opinions des autres, dit-elle. Mais on finit par s’entendre. »
Les trois arrière-grands-parents perpétuent toujours la tradition des réunions familiales, quelque chose de bien ancrée dans la famille Daoust.
Le hasard fait en sorte que leur adresse est le 50, O’Keefe. De quoi faire rire Daniel, fils de Fernand, puisque son père «aimait prendre un coup de temps en temps».
Témoins de l’évolution
En 1936, ils ont cohabité 23 membres de la même famille, avec des oncles, à la suite de l’incendie de la maison familiale. La fratrie a emménagé avec des oncles à proximité le temps de retrouver un chez soi.
Cette famille a vu le monde évoluer. En 1941, lorsque Lucille a échangé ses vœux de mariage, la cérémonie s’est tenue un mercredi. «C’était pour empêcher les gens de trop fêter le samedi, explique-t-elle. Ils devaient aller à la messe le lendemain. »
Infirmière de métier, Anita était semble-t-il la meilleure pour procéder aux prises de sang. Elle réussissait chaque fois du premier coup. Elle soignait les hommes alors que les genres étaient séparés à l’hôpital. Mme Daoust a également vu arriver les premiers infirmiers, ce qui a créé une certaine commotion dans le métier. Les femmes étaient sans surprise craintive d’avoir à se dévoiler devant un homme.
Fernand a quant à lui été agriculteur toute sa vie. À 70 ans, il a vendu sa ferme à son fils Alain.
