PERSÉVÉRANCE. Atteint d’un handicap visuel incurable, Guy Labrecque de Elgin n’a jamais laissé ce facteur dicter sa vie et l’empêcher de réaliser tous ses projets pas même celui qui l’a occupé pendant les 36 derniers mois, soit la construction, à partir de rien d’un rat rod, véhicule antique modifié très populaire aux États-Unis.

Depuis sa naissance, M. Labrecque souffre de dystrophie de la cornée et de glaucome qui le contraignent à mettre trois sortes de gouttes différentes par jour pour le reste de sa vie. Au quotidien, ces maladies l’empêchent de conduire notamment ou encore de voir un menu derrière le comptoir d’un restaurant.

 « Je n’ai pas fait ce projet pour être sous le feu des projecteurs, mais plutôt pour moi. Je voulais montrer aux gens qui ont un handicap, quel qu’il soit, qu’il est possible de se surpasser et d’accomplir ce qu’on croit impossible», confie-t-il d’entrée de jeu debout à côté du produit fini.

2e projet du genre

En amorçant son projet il y a trois ans, M. Labrecque avait une bonne idée de ce qui l’attendait. Quelques années auparavant, il a construit la réplique d’une moto antique. Mais pour le rat rod, il s’est fixé une contrainte supplémentaire: le bâtir de ses propres mains avec des matériaux recyclés uniquement.

Pour ce faire, il a couru les ventes de garage de toutes sortes pour acheter à faible coût tout ce qui lui tombait sous la main. « Il y a des tuyaux de tempo, des supports à exercices, des plexiglas, un moteur V6 et plusieurs autres objets de la vie quotidienne. Ça m’a pris trois ans à faire parce qu’avec mon handicap, je dois y aller à mon rythme», explique-t-il sous le regard approbateur de sa conjointe.

Il poursuit en donnant un exemple des contraintes rencontrées pendant l’élaboration de son projet. Une personne qui voit normalement peut se tenir à 2 pieds d’un morceau à couper, mais M. Labrecque lui doit être à huit pouces.

Il mentionne que lorsque les choses n’allaient pas comme il le souhaitait, il arrêtait tout et délaissait son garage étroit et chauffé par un poêle à bois où il se réfugiait pour travailler sur son projet. « Je n’avais que trois outils en ma possession soit une scie, un grinder et un tournevis. J’ai reçu un peu d’aide de mes voisins Donald et Ronald pour les parties où j’étais moins à l’aise comme la mécanique, mais j’ai tout fait seul à 95%», ajoute celui qui avoue aimer bricoler depuis toujours.

Expositions

Maintenant qu’il en est à l’étape de finition de son rat rod, M. Labrecque souhaite parcourir le Québec pour exposer celui-ci dans des événements. « À moyen terme, je n’ai pas d’autres projets en tête, si ce n’est que de sillonner les router du Québec pour le montrer aux amateurs de ratrod. Je suis fier de ne pas avoir lâché et d’avoir mené cette idée à terme et j’espère que les gens l’aimeront », conclut-il. 

Les maladies de l’oeil en bref 

50 %

Nombre de pourcentage des personnes qui seront aux prises avec des problèmes oculaires un jour ou l’autre.

90 %

Nombre de pourcentage des gens atteints d’un diabète non contrôlé qui seront affectés par des complications oculaires un jour ou l’autre.

100 000

Nombre de Québécois de plus de 40 ans qui voient leur champ de vision être affecté par le glaucome. 

**Source: www.fondationdesmaladiesdeloeil.org**

Qu’est-ce que le glaucome?

C’est une maladie entraînant un dommage au nerf optique et une perte des champs visuels (tout ce que l’oeil peut percevoir sur les côtés, en bas et en haut, tout en fixant devant soi). L’augmentation de la pression à l’intérieur de l’oeil est souvent associée à cette maladie, mais des antécédants familiaux, le vieillissement, le diabète et les maladies vasculaires et une grande myopie peuvent aussi augmenter le risque de son développement.