Le conseil de Saint-Zotique a rejeté l’acquisition de cinq lots à vocation industrielle au coût d’un peu plus de 1 M$ dans le secteur de la 69e avenue. Bien que la possibilité de réduire le fardeau fiscal des citoyens était présente, trop de questions sans réponses ont incité quatre conseillers à s’y opposer pour le moment.
Les terrains qui appartiennent à deux compagnies à numéro représentent environ 1 000 000 de pieds carrés.
Simon Hébert, Hugo Gendreau, Karine Bouchard et Yannick Guay ont voté contre ce point au dernier conseil de ville. Pour ce dernier, il manque de réponses comme le coût environnemental, le réel retour sur l’investissement et la valeur marchande des terrains.
Des zones humides se retrouvent dans le secteur entre la 69e avenue en bordure de l’autoroute 20. Différentes contraintes de conservation pourraient venir dicter le développement des terrains.
«Si on n’achète pas aujourd’hui, ça ne veut pas dire qu’on tire la plogue sur le développement», a toutefois spécifié le conseiller Gendreau.
Sa consœur du district 1, Karine Bouchard, est d’accord à poursuivre les efforts pour diversifier les revenus de la Ville. Mais elle a ajouté que le conseil devait tenir compte du niveau de risque. «Tout repose là-dessus. À l’heure actuelle, je considère qu’on ne dispose pas encore de toutes les données nécessaires pour mesurer adéquatement les conséquences de cette décision, s’est-elle exprimée. Une partie importante de l’achat des terrains repose sur des hypothèses et des projections. C’est de notre responsabilité comme élus de nous assurer que les avantages attendus sont suffisamment démontrés et que nous avons les informations nécessaires avant de nous engager.»
Le compte de taxes
Le maire Jean-Pierre Daoust a dit respecter la décision du conseil. Il a cependant exposé les raisons qui l’auraient incité à se prononcer en faveur.
La fiscalité de la Ville repose entre 87 et 88% des taxes résidentielles. Le maire a indiqué qu’une simple embauche de personnel aurait comme effet d’augmenter cette portion dans les poches des citoyens.
«Le seul potentiel qu’on a, c’est dans le quartier industriel et dans les gros commerces, a-t-il plaidé. On a une chance d’avoir un terrain à 1$/pied carré. On a une chance de le reprendre. Même si on avait la moitié qui ne serait pas développable, moi, j’aurais aimé ça l’avoir.»
Il estime que cette superficie de terrain, avec d’autres situées tout juste à côté, aurait donné l’équivalent de 3 000 000 de pieds carrés pour d’éventuelles constructions.
L’intervention de Saint-Zotique aurait aussi permis de protéger des arbres selon lui.
«J’aurais aimé ça qu’on en développe la moitié [de la superficie] et le restant serait resté une forêt, a-t-il avancé. Là, si quelqu’un achète les terrains, il va tout jeter à terre et on ne peut pas l’empêcher.»
M. Daoust a en fait indiqué qu’un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) pourrait être imposé pour encadrer la future construction.

