La loi du sport dicte bien souvent l’approche pour la couverture médiatique des sujets: la plupart du temps, les gagnants sont priorisés au détriment des perdants.
L’histoire qui suit, celle d’une équipe locale de balle rapide constituée de jeunes filles âgées de 11 et 12 ans, sort vraiment de l’ordinaire. Les Panthères de Valleyfield (2) moustique B, qui évoluent dans la catégorie U-12 selon l’appellation donnée par Softball Québec, ont marqué à leur façon la dernière saison de balle.
A prime abord, les protégées de l’entraîneur Michel Hachez ne fondaient pas d’attentes quant à leurs performances. Plus de la moitié des 11 filles membres de l’équipe étaient à leur première expérience de «fastpitch» et le club ne comptait aucune lanceuse. Le «coach» a ouvert les postes d’artilleuses à toutes et certaines ont démontré un talent indéniable. Toutefois, le temps doit faire son œuvre pour développer la technique, plus précisément celle du moulinet dans le jargon de la balle rapide.
Si bien que durant la saison régulière, les Panthères ont subi leur large part de défaites. «Trop de défaites. Les filles n’ont réussi qu’à remporter un seul de leurs 12 matchs», décrit l’entraîneur-adjoint, Patrick Lecavalier. Plusieurs se seraient découragées avec un palmarès si peu alléchants mais c’était mal connaître les jeunes Campivallensiennes.
Le «coach» Michel Hachez a progressivement trouvé le moyen de les mettre en confiance, poursuivant notamment le travail auprès des lanceuses et peaufinant les élans des frappeuses au bâton.
Au cours du week-end de la fête du Travail, les Panthères se sont présentées aux Championnats régionaux du Lac Saint-Louis, à l’Ile-Perrot, avec l’espoir un peu fou de se qualifier en vue des finales provinciales. Les Panthères ont terminé au 4e rang grâce à 4 victoires de suite en ronde préliminaire et malgré leur défaite en demi-finale, elles ont décroché un laissez-passer pour les Championnats québécois.
Personne n’aurait pensé qu’elles pouvaient se rendre aussi loin et du 8 au 10 septembre, ces filles qui se connaissaient peu 12 semaines plus tôt se sont pointées à Saint-Lazare en formant un clan. Le conte de fée s’est poursuivi pour cette équipe de bas classement alors que les Panthères ont disposé successivement des championnes régionales de Laval-Nord (13-5), Saint-Eustache (10-0, en 3 manches) et Auteuil/Laval (8-0). Les filles ont marqué 31 points tout en n’allouant que 5 maigres points.
Les filles étaient tout sourire, tout comme les parents et les entraîneurs, car un tel résultat aurait dû normalement permettre aux Panthères d’accéder à la ronde des médailles. Malheureusement, en raison de règlements assez bizarres, le parcours inspirant de l’équipe Cendrillon s’est arrêté là.
Les Panthères ont été défavorisées au bris d’égalité, soit les points accordés, avec une autre formation qui avait alloué le même nombre de points (5). Le second bris d’égalité étant le nombre manches jouées, les Panthères ont été éliminées parce qu’elles avaient disputé 11 manches comparativement à 12 pour les Mets de Presqu’Ile.
«En fait, notre histoire a pris fin parce que nous avons vaincu Saint-Eustache (10-0) en 3 manches dû à l’écart de points. Presqu’Ile a passé à cause du nombre de manches jouées (12) et les filles de Vaudreuil-Dorion ont éventuellement gagné la médaille d’argent», a expliqué l’entraîneur. Les Mustangs de Saint-Eustache ont pour leur part été décorées de bronze, même si elles avaient été lessivées 10-0 par les Panthères.
«Les filles doivent tout de même être très fières d’elles car c’est remarquable ce qu’elles ont accompli», conclut Michel Hachez.
