Serge Gauthier s’était mis un objectif en tête; soulever 500 kg. Lors des championnats canadiens de dynamophilie, il a fait encore mieux. Bon pour le titre, fracasser tous les records qu’il détenait déjà et se retirer de la compétition après avoir accompli ses rêves.

Dans la catégorie Maître 1 – 40 ans et plus, l’homme fort a soulevé 511,5 kg au combiné des épreuves de flexion sur jambes, développé couché et soulevé de terre.  

Son meilleur résultat auparavant était fixé à 495,5 kg.

«J’étais déjà détenteur canadien chez les 40 ans et plus dans les 59 kg [130 livres et moins] et je visais à améliorer les records sur les trois levées et le total, a dit celui qui est copropriétaire de la salle d’entraînement Dispo. Je visais 200 kg au soulevé de terre; je l’avais essayé plusieurs fois, mais je ne l’avais pas réussi. Je visais aussi un total de 500kg et j’ai fait 511,5 kg.»

Il a réussi ses neuf levées permises en compétition. Et malgré les charges et le stress de la compétition, il sentait qu’il avait toujours de l’essence dans le réservoir.

«C’est ma meilleure compétition à vie, indique celui qui pratique le sport depuis 2013. Mon plus gros total de poids à 43 ans, bientôt 44. Je pense des fois que je n’ai plus 20 ans, mais j’ai encore une progression malgré l’âge.»

La force du mental

Quelques éléments permettent aux compétiteurs comme Serge Gauthier de connaître du succès.

La génétique peut donner un avantage. Un entraînement soutenu également. Soulever de la fonte. Des charges lourdes avec de petites répétitions. Ce qui permet de développer une force brute.

Mais la concentration demeure un atout majeur dans la discipline. Les objectifs clairs de Serge Gauthier ont servi de motivation dans ses résultats.

«Il y a des moments de douleur et de souffrance parce que tu pousses le corps à la limite, a-t-il résumé. Des fois, pendant six mois, tu peux lever avec une douleur au dos, ou quelque chose. Tu combats ça. Mais tu restes concentré sur la compétition. Les compétiteurs ont la piqûre et veulent toujours performer plus.»

Dernier tour de piste

Serge Gauthier a d’abord été un haltérophile. Avec un assez bon succès qui lui a permis de se qualifier pour les championnats canadiens. La compétition se déroulait toutefois en Colombie-Britannique et, étudiant, il a dû y renoncer.

C’est en 2013 qu’il a décidé de se lancer dans la dynamophilie.

Sa première compétition en Beauce lui a permis de fracasser deux records provinciaux. Ce qui lui a donné la motivation de poursuivre jusqu’à un championnat canadien en 2016 à Regina.

Il croyait abandonner après ce rendez-vous sportif, mais deux bons leveurs ont constaté un fort potentiel en lui.

Dix ans plus tard, son sport lui a permis de voyager partout dans le monde. Son palmarès comprend notamment l’intégration à Équipe Canada, l’or au championnat du Commonwealth, et l’argent à la Coupe des Amériques.

Il est désormais temps de se retirer. Reposer ses muscles un peu.

«C’était mon dernier tour de piste, a-t-il dit. J’arrête pour moi un peu, mais la famille aussi. Pour prendre une pause et faire autre chose. Ma conjointe m’a toujours suivi. Elle a été présente à 21 de mes 22 compétitions. Je la remercie.»

Mais il ne dit pas adieu à son sport.

Les records, même les siens, sont faits pour être battus. Et la piqûre pour un sport dans lequel il a tout donné pourrait lui reprendre un jour.

Serge Gauthier présente une force brute impressionnante. (Photo Journal Saint-François : Eric Tremblay)