Située entre les frontières américaines et ontariennes, la région est reconnu pour son commerce de tabac illicite. À quelques jours du Grand Prix de Montréal, les immigrants illégaux et la traite humaine faisaient aussi l’objet d’une opération de sensibilisation des forces de l’ordre.

Ce n’est pas un hasard si l’opération se déroulait aujourd’hui et demain, soit à quelques heures du Grand Prix. «Il y a une hausse de passages dans le secteur avec le Grand Prix de Montréal qui est un événement international, a indiqué le policier Pizarro de la Gendarmerie royale du Canada. Il y a la cigarette, mais aussi la traite humaine qu’on surveille. »

Cet agent a indiqué qu’au barrage routier, aux approches du pont Larocque, les policiers observaient le comportement des automobilistes. «S’il y a 4-5 filles dans un véhicule et que l’une d’elles a quelque chose de particulier dans son maquillage ou qui est à l’écart, on va lui poser des questions. »

À cet effet, une campagne contre l’exploitation sexuelle a été lancée la semaine dernière à Montréal.

La région est également une porte d’entrée pour les immigrants illégaux comme l’avait révélé le Saint-François en octobre dernier. «Il y a une insécurité qui est créée par le phénomène d’entrées d’illégaux, a indiqué Jacques Rainville, inspecteur et directeur du détachement de la GRC de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent. Ce phénomène utilise des terrains privés. Des gens ont peur. » Les illégaux se cachent parfois dans des bâtiments comme des garages et des fermes ce qui contribue à établir un climat de méfiance chez certains.

Le fléau du tabac

Mercredi débutait une action de sensibilisation de deux jours dans la région. La GRC et la Sûreté du Québec menaient l’opération dans la région tandis que d’autres corps policiers ou d’application de Loi la dirigeait en Ontario et même aux États-Unis. L’hélicoptère survolait aussi le ciel pour démontrer sa présence, mais également observer les rives du haut des airs.

Les résidents étaient rencontrés pour être sensibilisés sur la sécurité transfrontalière, mais également pour se faire rappeler que les policiers étaient des alliés. «On s’aperçoit qu’il y a une problématique et qu’il y a une zone d’approvisionnement, Akwesasne, qui est une zone franche en matière transfrontalière, a expliqué Frédéric Gaudreau, capitaine à la SQ, responsable de la criminalité contre l’État. Il y a beaucoup de transports en bateau ce qui occasion des problèmes de sécurité publique. Les résidents riverains se plaignent de méfaits.»

La SQ a rappelé que la répression contre la contrebande de tabac était une mission perpétuelle dans la région. «Il y a une préoccupation dans la région, a indiqué Capitaine Gaudreau. Toutes les semaines, des gens se font interpeler pour avoir transporté du tabac en vrac. »

M. Rainville a rappelé les incidences d’une arrestation pour de tels délits. «Les jeunes ne voient pas toutes les conséquences auxquelles ils font face, a-t-il dit. Lors d’une arrestation, tout est saisi; même le véhicule ou le bateau. Aussi, quand tu te fais cotiser par Revenu Québec, ça fait peur.  »

François Gagnon, caporal à la GRC, a avoué que ces opérations d’envergure étaient utiles. «Des gens nous racontent ce qu’ils ont vu, souligne-t-il. Souvent ils ne savent pas qui appeler. On leur rappelle nos coordonnées, notre mission. »