Au cours de la visite de l’immeuble tout neuf du laboratoire serveur de la Montérégie, Geneviève Plante ne manque pas de préciser toute l’importance d’une telle installation pour le milieu de la santé. «Il faut comprendre qu’au Québec, quand un patient reçoit un soin, dans un hôpital, CHSLD ou autres, dans 80% des cas, on demande un test diagnostique de laboratoire», indique-t-elle.
C’est donc ici qu’on analyse une panoplie de tests médicaux : prise de sang, culture d’urine, test de grippe ou pour une infection transmissible sexuellement.
En Montérégie, il se fait annuellement 26 millions de tests. Parmi ceux-ci, 20 millions seront maintenant analysés dans ce grand laboratoire à Saint-Bruno-de-Montarville, le premier hors des hôpitaux au Québec.
«Avant, les analyses étaient toutes effectuées dans les hôpitaux et on se retrouvait à traiter des urgences, ainsi qu’une grande volumétrie de tests qui n’étaient pas nécessaire de sortir dans un délai de 4h. On avait d’excellents processus, mais on était toujours obligé de s’équilibrer entre la volumétrie et les soins critiques», souligne Mme Plante, directrice régionale des laboratoires.
Les deux sont maintenant séparés : les tests urgents demeurent dans les huit hôpitaux de la Montérégie et les autres analyses sont envoyées au laboratoire serveur.
«On améliore la fluidité hospitalière, et par le fait même, les délais du point de vue des patients», indique Mme Plante.
Des collègues robots
Impossible de visiter l’installation sans remarquer les nombreux robots qui côtoient les technologues, spécialistes et autres employés. L’automation est non seulement omniprésente, mais cruciale au sein des laboratoires.
C’est entre autres le cas dans le laboratoire de microbiologie, où l’on identifie notamment bactéries, champignons et virus.
«En microbiologie, l’automation n’existait pas jusqu’à récemment. Tout était manuel Ici, on est le deuxième laboratoire au Québec à avoir une chaine automatisée et le premier avec autant d’automatisation», indique le microbiologiste Hamed Al-Bachari.
Celui-ci montre l’un des robots qui permettent de traiter des spécimens liquides, comme des cultures d’urine. Une machine qui évite de nombreux mouvements répétitifs pour les technologues et dont la cadence est stable.
«On a six robots comme celui-là. Ça remplace facilement une vingtaine de technologistes, qui peuvent avoir du temps pour du travail à valeur ajoutée. L’échantillon standardisé donne des résultats standardisés, et qui dit standardisé dit meilleurs résultats et de meilleurs soins», note M. Al-Bachari.

«On a accès à une technologie vraiment supérieure», ajoute pour sa part Michaël Lehoux, biochimiste clinique et chef du service clinique régional de biochimie par intérim.
«Ça permet de vraiment limiter aussi les erreurs humaines, qui souvent liées à des actions répétitives. Vous en conviendrez, trier des échantillons, vérifier leur intégrité, les centrifuger, ce sont des actions répétitives, qui ne sont pas à très grande valeur ajoutée. Donc nos technologistes se concentrent vraiment sur la réflexion, sur les interventions directes, sur des cas particuliers», indique-t-il.
Remplacer des tâches
Les robots ne font cependant pas tout le travail dans l’immeuble. Environ 300 employés y travaillent et ce nombre passera à près de 400 lorsque le laboratoire de pathologie sera en fonction, en 2027.
L’automatisation a plusieurs avantages d’efficacité, mais aussi d’effectifs, car les robots ne font pas que « remplacer » des tâches; ils comblent un important manque dans la main-d’œuvre dans ce milieu.
Des gains sont également réalisés en rapatriant tous ces spécialistes qui étaient autrefois éparpillés dans les hôpitaux de la Montérégie.
«Si on n’avait pas centralisé et qu’on travaillait encore de l’ancienne façon, on aurait eu besoin de 150 technologistes médicaux de plus. Il n’y en a pas autant qui graduent chaque année au Québec!» souligne Mme Plante.
Pour le Dr Lehoux, avoir un laboratoire au goût du jour permettra en outre de suivre l’évolution démographique.
«On sait que les besoins en test diagnostique ne vont qu’augmenter dans le futur. Donc si on voulait maintenir la même qualité, la même productivité, il fallait absolument se doter d’une solution», assure-t-il.

| Le laboratoire serveur en chiffre : 80,6 M$ : le coût du projet, soit une économie de 12% par rapport au budget initial de 91,2 M$ 20 M : nombre d’analyses qui seront effectuées par année dans le laboratoire serveur 414 : nombre d’analyses distinctes qui sont réalisées dans le laboratoire serveur 33 000 : nombre d’analyses possibles par jour en biochimie et hématologie 4 : nombre de secteurs du laboratoire serveur : biochimie, hématologie, microbiologie et cytologie. Un 5e s’ajoutera en 2027 : la pathologie 1,5 M : population de la Montérégie |

