Avec la hausse du nombre de voitures électriques sur les routes, une propriété dotée d’une borne de recharge a certainement plus d’attrait sur le marché immobilier. Si elle n’ajoute pas de valeur en soi, elle élargit très certainement le bassin d’acheteurs.
«J’ai mis un condo en vente en fin de semaine à Boucherville, un bâtiment de 1969. Les deux premières demandes que j’ai reçues, c’était : est-ce qu’il y a une borne de recharge?» témoigne Vincent Pelletier, courtier immobilier sur la Rive-Sud.
Non? Alors pas d’intérêt pour une visite.
L’absence de bornes électriques peut certainement refroidir l’intérêt de certains acheteurs. M. Pelletier n’a jamais vu un acheteur faire le compromis de renoncer à sa voiture électrique pour acquérir une propriété qui lui serait tombée dans l’œil, mais qui aurait le défaut de ne pas être muni d’une borne.
L’installation d’une borne peut faire l’objet de discussions durant la transaction, mais ne peut être ni une condition de vente ni un levier de négociation. Si un acheteur souhaite une borne, son installation et tout ce qui en découle sera à ses frais.
Dans une copropriété par exemple, une telle dépense peut s’avérer élevée si l’infrastructure doit être adaptée. «Il y en a un premier qui doit casser la glace, et qui doit payer. Après, c’est plus simple de juste ajouter des bornes», indique M. Pelletier.
«C’est rare que je dois dire à un acheteur : c’est impossible d’installer une borne. Beaucoup trouvent des arrangements», ajoute-t-il toutefois.
Si Québec oblige depuis mars les nouvelles constructions de cinq logements et plus à être dotées de bornes de recharge, ces équipements tardent un peu plus à faire leur entrée dans les immeubles plus anciens, notamment en raison des coûts engendrés.
Dans certaines copropriétés, le règlement prévoit que les bornes sont installées aux frais de chaque propriétaire, dans d’autres, cette dépense sera budgétée et répartie à l’ensemble des copropriétaires.
«Je vois que ça peut parfois être un enjeu, remarque Vincent Pelletier. Par exemple, une copropriété a prévu d’installer une borne dans trois ans, pour l’acheteur, aujourd’hui, c’est moins intéressant.»
Selon le courtier, la nouvelle obligation qui touche les constructions neuves pourrait inciter de plus vieilles copropriétés à installer des bornes, mais il apporte une nuance. «Ce sont des clientèles différentes. Les bâtiments plus vieux sont moins chers que les constructions neuves, alors ça ne rejoint pas les mêmes personnes.»
De 1500$ à 6000$ par borne
Le coût d’installation d’une borne peut grandement varier.
Dans le cas d’une résidence unifamiliale, ce montant varie entre 1500$ et 2000$, selon Freddy Labateya, entrepreneur électricien chez Groupe FMC électrique, qui exerce sur la Rive-Sud. «La principale variable est la distance entre le panneau électrique et la borne», mentionne-t-il.
Pour les immeubles multilogements, le coût variera plutôt entre 3000 $ et 6000 $ par borne. Ce montant inclut la borne, le matériel et la main-d’œuvre et la gestion de charge.
Plusieurs facteurs influencent ce coût, tels que la distance de câblage, la capacité du panneau électrique, l’utilisation d’une gestion de charge, l’accessibilité des installations, de même que le type de bâtiment.
«Dans les condos, surtout avec garage intérieur, les installations sont plus complexes, explique M. Labateya. Nous utilisons souvent des systèmes de gestion de charge qui permettent de se raccorder à la salle électrique et d’éviter des travaux majeurs dans les unités, tout en respectant les limites électriques du bâtiment.»
Les systèmes de gestion de charge servent entre autres à contrôler le courant consommé de la borne pour protéger l’infrastructure électrique, qui est souvent moins puissante pour un condo comparativement à celle d’une maison.
Freddy Labateya remarque une forte hausse de la demande au cours des trois dernières années. «La croissance est soutenue, avec certains pics liés aux subventions et à la disponibilité des équipements», relève-t-il.
Québec offre des subventions pouvant couvrir une partie des dépenses pour l’installation de bornes, de même que pour la mise à niveau des infrastructures électriques nécessaire à l’installation de bornes de recharge.
«Selon la Stratégie québécoise sur la recharge de véhicules électriques 2023-2030, environ 35 % des places de stationnement dans les bâtiments multilogements devront être adaptées pour les VE d’ici 2030», informe le site web de Roulez électrique.
Québec a pour objectif d’avoir deux millions de véhicules électriques sur ses routes d’ici 2030.
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