Lettre ouverte co-signée par Jasmine Sharma (conseillère municipale du district 3, Ville de Vaudreuil-Dorion), Vanessa Leduc (conseillère municipale du district 7, Ville de Vaudreuil-Dorion) et Paul Genest (citoyen de Vaudreuil-Dorion) ainsi que plus de 125 signataires soutenant la démarche.
La mobilité est sans aucun doute l’un des principaux enjeux de notre région et la faiblesse de l’offre de service en transport collectif n’y est certainement pas étrangère. En plein cœur de cette campagne électorale provinciale, nous interpellons les candidates et les candidats locaux afin qu’ils se prononcent sur les enjeux de mobilité et qu’ils nous partagent leur vision de l’avenir du transport collectif.
Au printemps 2026, la mise en service de l’antenne de l’Anse-à-l’Orme du Réseau express métropolitain (REM) s’est accompagnée d’une importante refonte du réseau. La ligne 40 express, qui reliait directement la gare de Vaudreuil à la station de métro Côte-Vertu, a été supprimée. Utilisée plus de 245 000 fois par année depuis 2010, elle constituait un lien important avec le réseau métropolitain. La ligne 91, qui assurait une desserte directe du Cégep Gérald-Godin, a connu le même sort. Depuis, nous vivons au quotidien les conséquences des décisions prises en matière de transport collectif.
Pour les usager(ère)s, les conséquences sont concrètes : davantage de correspondances, des déplacements plus longs et, dans certains cas, une hausse des coûts de transport pouvant atteindre 75 %.
La refonte du réseau s’inscrit par ailleurs dans un contexte financier difficile pour le transport collectif métropolitain. L’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), qui planifie et finance le transport collectif à l’échelle de la région métropolitaine, prévoit dans son cadre financier la réalisation de 331,6 M$ d’économies d’ici 2028. Les hausses de contribution anticipées varient fortement entre les cinq secteurs métropolitains, mais c’est la Couronne-Sud, dont fait partie la région de Vaudreuil-Soulanges, qui est parmi les plus touchées. Il est prévu que la contribution financière de la Couronne-Sud au transport collectif passe de 39,8 M$ en 2026 à 85,6 M$ en 2029.
Dans le cas de Vaudreuil-Dorion, selon les prévisions présentées par l’Autorité régionale de transport métropolitain, la contribution financière de la Ville, qui s’élève à 3 762 000 $ en 2026, pourrait atteindre 6 634 000 $ en 2029, après la fin de l’aide transitoire du gouvernement du Québec.
Pendant ce temps, les besoins continuent d’augmenter. Le futur hôpital de Vaudreuil-Soulanges entraînera chaque jour des déplacements pour des milliers de travailleurs, de patients, de visiteurs et de fournisseurs. Sa desserte en transport collectif doit donc être intégrée dès maintenant à la planification du projet.
La population s’est déjà mobilisée par des pétitions, des interventions publiques et la participation d’étudiants et de parents aux travaux du conseil municipal. Cet élan citoyen témoigne de l’importance de l’enjeu pour les usager(ère)s et nous interpelle directement.
Nous demandons aux candidates et aux candidats locaux de prendre des engagements sur quatre priorités :
Assurer un financement prévisible et durable du transport collectif;
Rétablir les lignes 40 express et 91, ou offrir des services répondant aux mêmes besoins;
Adapter l’offre à la croissance de Vaudreuil-Soulanges;
Assurer une desserte efficace du futur hôpital régional.
Dans le Grand Montréal, la congestion coûte déjà environ 6 milliards de dollars par année et pourrait atteindre 10 milliards d’ici 2030. Le transport collectif doit donc être considéré comme un investissement dans notre économie, notre qualité de vie et notre avenir.
À l’approche du scrutin, les citoyens doivent pouvoir comparer des propositions chiffrées et vérifiables et savoir ce que les candidates et les candidats sont prêts à défendre si leur parti forme le prochain gouvernement.
La région grandit. Les besoins de mobilité aussi. Il est temps que l’offre de transport collectif suive.

