Léane vit avec un trouble développemental du langage (TDL). Ce qui provoque à l’enfant de 10 ans plusieurs difficultés scolaires. Sa mère a multiplié les efforts pour lui permettre de se réaliser à son plein potentiel. À quelques semaines de la rentrée, les démarches de Marie-Andrée Nault semblent toutefois dans un cul-de-sac.
«Léane peut aller aussi loin que les autres enfants, laisse entendre sa mère. Elle a le potentiel de réussir. Mais personne ne l’entend.»
Depuis qu’elle a 3 ans, Léane a été suivie par de nombreux spécialistes et le Centre montérégien en réadaptation. Une prise en charge rapide qui a permis de déceler un TDL. Anciennement connu comme la dysphasie, il s’agit d’un trouble neurologique inné qui perturbe la compréhension et l’expression du langage oral.
La famille a investi avant ses premiers jours en classe. Si bien que l’école du Centre de services scolaire de la Vallée-des-Tisserands avait un diagnostic précis sur Léane.
L’an dernier, elle a repris sa 3e année et malgré tout, la jeune fille se trouvait en échec dans les principales matières. «On s’attendait à une collaboration, a laissé savoir la mère. On avait donné notre confiance. Mais le temps joue contre Léane.»
Le plan proposé par le CSSVT pour la rentrée est que Léane aille en 4e année, dans une classe régulière, bien qu’elle ne possède pas tous les fondements de la 2e année.
Pas assez en retard
Des classes spécialisées avec des ressources adaptées existent au CSSVT. Mais Léane ne satisfait pas tous les critères administratifs pour y accéder.
«Malgré plusieurs évaluations et des recommandations, elle n’a pas accès à une classe spécialisée parce qu’elle n’accuse pas deux années de retard dans toutes les matières comme l’exige la norme administrative, déplore Mme Nault. C’est écrit noir sur blanc dans les rapports professionnels que nous avons que de la maintenir dans la situation dans laquelle elle se retrouve à l’école pourrait lui causer un préjudice réel.»
Les recherches de Mme Nault l’ont menée vers l’École Vanguard, un établissement privé et spécialisé qui scolarise les enfants qui présentent des troubles d’apprentissage. Mais une liste d’attente et le manque d’une entente extraterritoriale empêchent Léane d’y aller pour le moment.
À l’École Vanguard, on a dit à Mme Nault craindre que Léane accuse un écart trop grand avec les autres élèves. Ce qui pourrait devenir problématique dans son parcours académique.
Si bien qu’à ses frais, et à son temps, Marie-Andrée investit pour le bien de son enfant.
Estime de soi affectée
Toute cette situation a des répercussions sur le moral de la jeune fille. Celle-ci aurait des paroles dures envers elle-même, soutient sa maman. «C’est dramatique, a expliqué Mme Nault. Avec de l’aide psychosociale, je dois la maintenir dans un bon état d’esprit parce qu’elle a des paroles dévastatrices envers elle.»
La natation, où elle excelle, est un exutoire qui lui permet d’aller chercher de la valorisation.
Faire écho
Selon le Regroupement TDL Québec, 19 233 personnes vivent avec le trouble neurologique dans le Suroît.
Si Marie-Andrée Nault a décidé de dénoncer la situation, ce n’est pas uniquement pour Léane. Mais pour présenter une réalité qui affecte de nombreuses personnes.
«J’ai participé à une médiation avec l’école, j’ai interpelé le Protecteur de l’élève, la ministre de l’Éducation et même mon député, a affirmé la résidente de Salaberry-de-Valleyfield. Je veux dénoncer haut et fort une situation qui va rejoindre plusieurs personnes. Je veux faire écho jusqu’au ministère, parce que les jeunes c’est notre avenir.»

