Le bâtiment du cimetière de Valleyfield qui servait autrefois de charnier est maintenant considéré comme élément du patrimoine local, alors qu’une plaque commémorative y a été installée par la Corporation du cimetière.
Cette plaque a été dévoilée le jeudi 21 mai lors d’une courte cérémonie à laquelle prenaient part les dirigeants de la Corporation, l’évêque Mgr Alain Faubert, de même que Pierre Montreuil, attaché politique du député Claude Reid, qui a permis le financement du projet.
Le bâtiment de maçonnerie date des années suivant le déménagement du cimetière à son site actuel en 1884. Avant cela, le cimetière se trouvait sur le site actuel du Cégep de Valleyfield, dont la construction a nécessité ce transfert de lieu.
Le charnier
Quant au bâtiment comme tel, il s’agit d’un bâtiment typique au contexte funéraire québécois, selon les informations inscrites sur la plaque, obtenues avec la collaboration de la MRC de Beauharnois-Salaberry.
Construit en pierres de taille, il était surmonté d’une toiture à deux versants, composée de tôle à baguette. De forme rectangulaire, il pouvait accueillir durant la période hivernale plusieurs cercueils superposés de part et d’autre d’une allée centrale.
Les cercueils y étaient entreposés durant la longue période de gel, puisque les fossoyeurs ne pouvaient creuser durant ces mois hivernaux. L’absence de chauffage et d’éclairage facilitait l’état de conservation des dépouilles.

Présent à la cérémonie, Mgr Alain Faubert s’est dit impressionné par la dimension du bâtiment. Sa préservation, dit-il, « constitue un beau devoir de mémoire… et démontre que nos ancêtres avaient du génie pour adapter leurs besoins aux conditions hivernales. »
Aujourd’hui, l’ancien charnier est devenu un bâtiment servant à l’entreposage de la machinerie et des outils du personnel du cimetière.
D’ailleurs, la grande majorité des inhumations effectuées au cimetière sont dorénavant destinées à des urnes funéraires plutôt qu’à des cercueils, indique Pascale Grenier, coordonnatrice du cimetière.
« En 2025, sur plus de 300 inhumations, seulement une quinzaine ont servi pour des cercueils », a-t-elle mentionné.

