Le barrage et la station de pompage de la rivière La Guerre à Saint-Anicet seront rénovés au coût de 8 M$. Une victoire, surtout pour les agriculteurs du coin, alors que les infrastructures vieillissantes servent à la protection de plus de 900 hectares de terres agricoles.

La station de pompage a été construite dans les années 70 et ne correspondait plus aux normes actuelles. «Il y avait une surveillance constante, a affirmé la députée de Huntingdon, Carole Mallette. Il ne fallait pas tarder [pour la modernisation et la réhabilitation], mais il n’y avait pas d’urgence. Mais ça commençait à être plus urgent parce que plus coûteux en entretien préventif.»

Elle a salué le travail de sa prédécesseure, Claire IsaBelle, des maires et préfets du passé et actuel et des différents ministres de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ). Le dossier se conclut après 8 ans de labeur. L’élue de la Coalition avenir Québec a parlé d’un long travail de concertation.

«Il s’agit d’une infrastructure essentielle, discrète, mais qui joue un rôle immense pour la protection des terres agricoles, a convenu la mairesse de Saint-Anicet, Sylvie Tourangeau. Dans la municipalité, l’eau fait partie de notre identité. Aujourd’hui, nous posons un geste concret pour les priorités que sont les terres agricoles et la qualité de l’eau.»

La station de pompage de la rivière La Guerre sera remise aux normes grâce à une aide financière de 8 M$. (Photo Journal Saint-François : Eric Tremblay)

Territoire agricole à 93%

Le barrage de la rivière La Guerre a été érigé en 1936 pour contrebalancer la nécessaire hausse du niveau de l’eau à la centrale hydroélectrique de Beauharnois.

«On est conscient que le barrage a besoin de correctifs, a affirmé le ministre du MAPAQ, Donald Martel. Sinon, des centaines d’hectares pourraient être inondées. Il s’agit d’un geste concret pour protéger ces terres et assurer la sécurité des infrastructures.»

Le préfet de la MRC du Haut-Saint-Laurent, Yves Métras, a rappelé que 93% du territoire était zoné agricole. L’investissement gouvernemental revêt donc une importance stratégique pour l’économie et la vitalité de la région.

Les travaux vont s’échelonner sur une période de trois ans à partir de l’automne.

Un oeil sur la rivière

La rivière La Guerre se retrouve quasiment 2 mètres au-dessus du niveau du lac Saint-François dans lequel elle se déverse.

L’état des installations inquiétait les riverains qui observaient l’érosion des berges. «Les pompes ne suffisaient plus depuis plusieurs années, a laissé savoir Éric Leboeuf, représentant du syndicat de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Haut-Saint-Laurent. Les pompes requéraient une intervention humaine en raison des sédiments.»

Cette responsabilité incombait à Bernard Jalbert, copropriétaire du Vignoble Leblanc. Il a pris la relève de son beau-père, Jacques Leblanc, qui assurait l’opération des pompes.

«C’est vraiment une bonne nouvelle; les gens haut placés ont vu l’importance du barrage et de la station de pompage, a indiqué M. Jalbert. Il y a des moments dans l’année où c’était [la surveillance] plus occupé. Ce n’est pas une bébelle qu’on peut laisser sans surveillance.»