La grande famille des régates est en deuil à la suite du décès de Pierre Beaupré, survenu vendredi à l’âge de 74 ans.

Ce Campivallensien engagé dans le sport motonautique depuis près de cinq décennies nous a quittés pour un monde supposément meilleur le jour de son 74e anniversaire de naissance, peu de temps après avoir subi un infarctus.

«Il est parti comme il est venu… avec un gun (départ) parfait», a imagé son fils, Yan Beaupré, qui a fait équipe avec le paternel pendant cinq saisons dans la classe 2,5 litres devenue la Formule 2500.

Carrossier de métier pendant 50 ans, Pierre Beaupré s’est fait connaître par son intensité et son immense désir de vaincre en tant que pilote. Un vrai guerrier qui n’hésitait pas à aller dans la circulation lourde au risque de faire contact avec ses compétiteurs. Son style agressif lui a valu affectueusement le surnom de « Bumpré » parmi ses pairs.

Reconnu pour ses grandes valeurs familiales, Pierre Beaupré a baptisé ses embarcations  « Yancy » au nom de ses enfants, Yan et Nancy. En 2011, son fils et lui ont fait revivre l’écurie « CS-36 » alors qu’ils ont fait l’acquisition d’un bateau de la côte Ouest américaine, propriété de Scott Meyers.

Fait ironique, Pierre Beaupré a connu son moment de gloire comme pilote à l’âge de 71 ans quand il a remporté une première victoire aux Régates de Valleyfield, en 2013, à l’occasion du 75e anniversaire de l’événement. Il avait épaté la galerie en gagnant une épreuve de qualification, une seconde devant un Mathieu Lemelin plus jeune de 45 ans.

Après avoir été officiel et travaillé comme juge de tournant, Pierre a embarqué de plain-pied dans la nouvelle aventure de son garçon Yan qui avait toujours rêvé de conduire un hydroplane. L’été dernier, il a contribué aux succès de son fils qui a disputé sa meilleure saison. Lors du dernier rendez-vous de 2015 à Beauharnois, il a vu sa progéniture monter sur la 2e marche du podium. Dans l’une des plus excitantes finales depuis longtemps, Yan Beaupré s’est fait coiffer au tout dernier instant par Rob Stevenson au fil d’arrivée.

En communication avec son fils tout au long de l’épreuve et un gagnant de nature, Pierre a d’abord accepté le verdict avec des sentiments partagés. Les queues d’eau ont retombé et plus tard dans les puits de ravitaillement, son fils et lui étaient fiers de leur 2e position.

« Il a été mes yeux et mes oreilles sur l’eau. De ma première course à la dernière cette année, mon père a toujours été en communication avec moi », apprécie Yan Beaupré. Chose certaine, à compter de l’an prochain, il y aura un vide parmi les équipes de course quand le directeur des puits annoncera les premières mises à l’eau.