Le patrimoine agricole est entre bonnes (et larges) mains avec Philippe Quinn, qui a entrepris récemment de démanteler deux vieilles granges situées près de chez lui, à Godmanchester, pour en faire un nouveau bâtiment à la ferme familiale de l’Ile Perrot.
Un projet qu’il a annoncé sur son profil Facebook la veille, et qui nous intrigué au point d’aller voir sur place la réalisation de cette tâche un peu folle.
Sur place, sur la terre de la famille Dobson aux abords de la Montée Seigneuriale, deux vieilles granges datant de la fin des années 1800, dont il ne reste que la vieille structure de bois, rongée par les années.
« On a encore de super belles pièces de bois, sur au moins une des deux granges », mentionne Philippe Quinn, tout juste descendu de la structure sur laquelle il s’est affairé depuis quelques heures, profitant d’une belle journée printanière.
Ce personnage plus grand que nature n’en est pas à son premier projet visant à récupérer et sauvegarder ces vieux bâtiments de ferme qui subsistent toujours en milieu rural. « Juste de l’autre côté du chemin, y’en avait une autre, une super belle grange, qu’on a démontée de la même façon il y a quelques années pour la remonter sur (le chemin) New Erin pour notre demeure. »
Travail robuste et minutieux
Le démantèlement des deux granges, mené sur deux journées, a nécessité force et doigté de la part de Quinn et son équipe, dont son assistant Tony Boyer.
Tous deux avaient à monter et à se déplacer sur les structures pour dégager les poutres de bois, dont certaines étaient fixées à l’ancienne avec des chevilles de bois ou des clous à tête carrée, ou encore pour atteler les immenses pans de toiture à être enlevées avec une grue et placées sur une remorque.
Chaque pièce du bâtiment avait été identifiée et numérotée préalablement par les experts de la firme Heirloom Timber Frames, de Hinchinbrooke, afin d’en assurer la solidité et la viabilité pour une éventuelle réutilisation.



Une seconde vie
Tout ce travail réalisé par Philippe Quinn et son équipe mènera à une réutilisation de ce bois de grange dans l’érection d’un nouveau bâtiment sur le site de la Ferme Quinn, à Notre-Dame-de-l’Ile-Perrot.
La ferme familiale accessible au public depuis 1982 propose l’autocueillette de fruits et légumes en saison, une boutique, une grange d’animaux, une aire de jeux ainsi que des tours de tracteur. Elle accueille quelque 100 000 visiteurs annuellement.
Philippe Quinn, qui a succédé à son père Elwood, indique que le nouveau bâtiment sera refait à l’échelle et assorti d’extensions pour en faire une aire de pique-nique « avec un cachet incroyable. »
Cet amour du patrimoine architectural agricole transcende de génération en génération chez les Quinn. « C’est génétique, lance Philippe Quinn. Ça a commencé avec mon grand-père, puis mon père… on s’est construit de belles bâtisses sur notre site de l’Ile Perrot. »
Celui-ci convient qu’il subsiste encore de belles vieilles granges dans la région, mais qu’il faut agir vite pour éviter que leur état ne dépérisse encore davantage.

