ENVIRONNEMENT. A moins d’un an de la mise en service de la collecte porte-à-porte des matières organiques à la grandeur de la MRC de Beauharnois-Salaberry, des questions persistent en lien avec la destination que prendront les résidus de table une fois recueillis dans les quelque 25 000 bacs bruns qui seront distribués dans les foyers des 7 municipalités du territoire.

Il est prévu qu’environ 30 000 tonnes métriques de matières putrescibles seront détournées de l’enfouissement dans la MRC à l’automne 2019. Ces déchets seront acheminés vers le site de compostage de la compagnie Mironor à Brownsburg-Chatham et un contrat de deux ans a été paraphé avec la firme environnementale des Laurentides.

A compter de 2021, les résidus organiques pourraient être valorisés à Beauharnois dans le cadre d’un projet qui consiste à la mise en place d’installations de biométhanisation et de compostage. Cette usine produirait du biogaz utilisé en remplacement de gaz naturel.

Selon les chiffres avancés par les autorités dirigeantes du Programme de traitement des matières organiques par biométhanisation et compostage (PTMOBC), il en coûterait au-delà de 48 millions $ pour réaliser le projet et une subvention gouvernementale estimée à 27,9 millions $ serait versée pour amenuiser la facture.

Un appel d’offre a été lancé par la Régie intermunicipale de valorisation des matières organiques de Beauharnois-Salaberry et de Roussillon, la date limite ayant été fixée au 7 septembre dernier. Le processus d’évaluation des soumissions se poursuit et les détails seront connus au cours des prochaines semaines.

Une usine de biométhanisation opère depuis mai dernier à Varennes où 35 000 tonnes métriques de matières putrescibles provenant de 3 MRC sont transformées en biogaz.

Or, la concrétisation du projet d’usine de biométhanisation n’est pas une certitude et le transport des matières organiques vers un site de compostage après 2021 demeure une option. Serait-il moins dispendieux de composter? Les 6 élus des deux MRC qui siègent à la Régie intermunicipale auront à se pencher sur la question.

Le maire de Salaberry-de-Valleyfield, Miguel Lemieux affirme que rien n’est coulé dans le ciment en ce qui concerne l’usine de biométhanisation. «Il y aura de grosses décisions à prendre d’ici la fin de novembre. Les coûts vont aider à faire notre choix. Le défi est aux soumissionnaires de livrer le prix demandé à la tonne. Il faudra comparer avec ce que ça coûte pour transporter les matières organiques», a indiqué le premier magistrat.

D’autres alternatives sont considérées dont une plate-forme de compostage qui existe déjà à Salaberry-de-Valleyfield près de l’usine d’épuration dans le parc industriel sur le boulevard des Érables. «Nous avons une équipe chargée du petit centre de compostage sous la direction de Philippe Beaudoin. Du compost sera produit bientôt», de mentionner le maire campivallensien,

M. Lemieux estime que l’analyse des soumissions pour l’usine de biométhanisation ne doit pas s’éterniser. «Ce sera à la Régie de décider le plus vite possible. La signature du contrat doit se faire au plus tard le 17 janvier», conclut le maire.