Mis en vente l’an dernier, le site de l’usine de pneus Goodyear de Salaberry-de-Valleyfield a été acquis par l’homme d’affaires Luc Poirier au coût de 29,5 M$.

La transaction conclue la semaine dernière avec la multinationale américaine marque une étape importante dans l’histoire industrielle de la ville. Elle a été annoncée officiellement lors d’un point de presse tenu mercredi devant l’usine du boulevard Mgr-Langlois.

L’homme d’affaires bien connu pour sa participation à l’émission Dans l’œil du dragon parle d’une acquisition « intéressante en termes de superficie ». Il parle d’un investissement à long terme qui pourrait se développer en deux ou trois phases. « C’est rare que l’on peut tomber sur une propriété de cette ampleur », dit-il.

Le site représente une superficie totale de 6,7 millions de pieds carrés, alors que les bâtiments occupent un peu plus d’un million de pieds carrés.

« Les négociations se sont bien déroulées, mentionne l’investisseur, mais ça a été long. J’aurais aimé finaliser (la transaction) avant ça, mais c’est ce qui arrive souvent avec les grandes entreprises. »

Il confirme du même coup que le centre de mélange, qui occupe une superficie de quelque 400 000 pieds carrés sur le site, demeurera en opération « le plus longtemps possible j’espère… » sous forme de location à long terme, à commencer par les 4 prochaines années.

Plusieurs vocations

La vaste étendue de terrain ayant façade sur l’artère principale de la ville pourrait connaître plus d’une vocation.

D’une part, la Ville a déjà légiféré pour que la portion de façade possède une vocation commerciale. Sur ce point, le nouveau proprio indique qu’il est en discussion avec certains développeurs d’envergure. C’est sans compter que plusieurs bannières commerciales ont déjà démontré de l’intérêt en vue de s’implanter à Valleyfield, confirme Émilie St-Onge, du Service de développement économique de la Ville.

Le site possède également un potentiel industriel, notamment avec l’intérêt déjà manifesté par des entreprises voisines du site, désireuses de prendre de l’expansion. Le maire Miguel Lemieux ajoute que les circonstances ouvrent la porte à l’aménagement d’une voie de contournement, pour la circulation des camions lourds.

Pour sa part, Luc Poirier se considère d’abord comme un investisseur au niveau résidentiel, ce qui toutefois, ne semble pas être considéré par la Ville comme piste de développement dans ce secteur. « Ce sera à voir (avec la Ville), mais le mieux serait un mixte des trois », estime l’entrepreneur.

Projet à long terme

Luc Poirier dit vouloir procéder dès que possible avec les travaux de démolition de l’ancienne usine où ont travaillé des milliers de travailleurs de la région de 1964 aux années 2000.

Cela pourrait cependant tarder de quelques mois, en raison de complications reliées au déplacement de certains équipements comme la guérite d’entrée et de la bouilloire, afin de rapprocher celle-ci du centre de mélange. À cela s’ajoute la possibilité de relier le secteur au réseau de gaz naturel d’Énergir.

La bonne nouvelle, mentionne-t-il, c’est qu’il n’y a pas d’enjeu environnemental puisqu’on ne trouve pas de milieux humides sur le site, ce qui évitera de fastidieuses démarches avec le ministère de l’Environnement. De plus, aucuns travaux de décontamination n’est nécessaire sur le site.

Néanmoins, la démolition des bâtiments pourrait ne débuter que d’ici environ 6 mois et la construction de nouveaux immeubles d’ici 1 an et demi ou 2 ans, prévoit Luc Poirier. Celui-ci se montre confiant dans l’avenir économique de la ville, rappelant qu’elle demeure la ville québécoise ayant connu le plus fort développement en termes de pourcentage, au cours des dernières années.

Cette vente des terrains de Goodyear survient au terme de plusieurs années d’efforts de la part de la Ville de Salaberry-de-Valleyfield afin de faire fructifier ces espaces industriels en partie inactifs, a rappelé le maire Miguel Lemieux.

L’investissement de l’homme d’affaires Luc Poirier en sol campivallensien est bien accueilli par le maire Miguel Lemieux. (Photo Journal Saint-François – Mario Pitre)

« Dès le départ, nous avons clairement exprimé à l’entreprise notre volonté de voir ce vaste terrain être développé à son plein potentiel, plutôt que de demeurer en grande partie à l’abandon», dit-il. La Ville avait notamment imposé un droit de préemption et un droit de réserve pour fins publiques sur ces terrains, afin de geler tout développement et empêcher toute spéculation.

Le maire a aussi insisté sur la réalité des fuites commerciales dont témoigne la Ville, que ce soit vers Vaudreuil-Dorion ou le Quartier 10-30. « Cette acquisition marque le début d’un nouveau chapitre pour ce secteur stratégique de notre ville. Après des années d’attente, le site Goodyear est enfin appelé à retrouver un rôle moteur dans le développement économique de notre communauté. »