Les appels au service d’urgence 911 qui aboutissent en Ontario, comme l’appel logé pour un incendie à Saint-Anicet l’automne dernier, pourraient être chose du passé. Une nouvelle génération du service devrait être mise en application d’ici au 31 mars 2027.

Depuis que la mairesse de la municipalité, Sylvie Tourangeau, en a fait une priorité, le dossier évolue rondement.

Déjà, le ministère de la Sécurité intérieure (MSI) a sensibilisé les parties concernées. «Le MSI est en communication avec les centres d’urgence 911 québécois dont le territoire couvre les frontières du Québec ainsi qu’avec les centres d’urgence 911 de l’autre côté des frontières afin qu’ils détiennent les renseignements à jour permettant un transfert rapide des appels de part et d’autre de la frontière», a répondu l’équipe des relations médias du ministère.

Elle a confirmé qu’au moins un appel logé au service 911 avait été répondu par Northern 911, un centre d’appel qui opère dans le secteur de Cornwall en Ontario.

En 2024, un reportage de La Presse rapportait le même genre de situation, avec le même fournisseur ontarien.

Le Saint-François a tenté d’obtenir des réponses de l’entreprise, mais sans succès.

Investissement majeur

Le gouvernement du Québec a indiqué en mars dernier qu’un montant de 45,5 M$ avait été octroyé pour soutenir les centres de communication d’urgence dans la transition vers le 911 PG.

Un système qui permet des communications d’urgence plus fiables et plus efficaces. Toutes les provinces canadiennes ont le mandat d’y adhérer.

L’Association canadienne des télécommunications est d’avis que le déploiement de cette nouvelle génération aura des effets positifs importants.

Notamment par la possibilité de transférer de façon efficace les appels en fonction de la géolocalisation de l’appelant et de la comparaison avec les cartes des systèmes d’information géographique. En ce moment, le numéro de routage d’urgence associé au site cellulaire était utilisé.

Enjeu de propagation des ondes

L’ACT mentionne que, dans le cas précis de Saint-Anicet, il ne s’agit pas d’un problème lié au 911, mais d’un enjeu de propagation des ondes radio cellulaires.

«De nombreux facteurs, indépendants des équipements ou des infrastructures des fournisseurs de services sans fil, déterminent la façon dont un signal sans fil se propage et dont un appel est acheminé, a expliqué Ursula Grant, vice-présidente industrie et consommation chez ACT. Les signaux sans fil ne respectent pas les frontières créées par l’être humain et, dans certains cas, une même tour cellulaire peut desservir plusieurs territoires de compétence, y compris différentes provinces.»

Des facteurs atmosphériques, environnementaux et géographiques peuvent aussi influencer les signaux sans fil. Mme Grant laisse savoir que le fleuve Saint-Laurent peut faire rebondir un signal et ainsi fausser l’estimation de la distance entre l’appelant et une tour donnée.

Néanmoins, les centres d’appels d’urgence ont établi des protocoles afin d’atténuer les répercussions possibles des appels qui bifurquent dans un autre territoire. Comme des protocoles de transfert d’appels et de partage d’informations.