La demande mondiale pour une poudre propulsive produite à Salaberry-de-Valleyfield, la M31A2, motive l’armée américaine à injecter plus de 680 M$ à l’usine General Dynamics. Un investissement qui permettra de presque tripler sa capacité de production.

Le déclenchement du conflit en Ukraine a fait réaliser aux pays alliés, qu’ils se devaient d’avoir un inventaire important de munitions.

«Beaucoup d’armées mondiales, dont l’armée américaine, ont reconnu qu’elles n’étaient pas prêtes, a laissé savoir Daniel Lepage, directeur général de l’usine campivallensienne. On n’a qu’à voir les tensions Chine/Taïwan ou en Corée du Nord. Pour se préparer, l’armée américaine considère que ça prend des stocks en stock. »

La recette du M31A2 a été développée à l’usine de Salaberry-de-Valleyfield qui en assure la production depuis une vingtaine d’années.

Actuellement, la capacité de production à l’usine qui s’étend sur 4,5 km carré dans Salaberry-de-Valleyfield se situe à 6 M de livres de M31A2, une matière énergétique utilisée dans des munitions qui peuvent atteindre 155 mm.

Avec l’ajout de neuf bâtiments, tous automatisés et modernes, l’objectif est de faire passer cette capacité à 16 M de livres.

«Tout va dépendre du rythme de commande dans le moment, s’il y a beaucoup de demandes, a expliqué M. Lepage. Les choses peuvent changer vite. On ne sait pas trop ce qui peut arriver, par exemple s’il y avait une entente de paix rapidement [en Ukraine], on pourrait voir une baisse. Mais on peut penser que ça va rester. »

Si le projet suit son échéancier, la construction pourrait se faire à partir de l’an prochain pour une mise en opération en 2028.

Accès au site et couleuvres brunes

Jusqu’au 29 décembre, les organismes et citoyens peuvent demander la tenue d’une enquête au Bureau d’audience publique en environnement (BAPE).

Lundi soir à l’Hôtel Moco, les représentants de l’usine ont répondu aux quelques inquiétudes de la trentaine de personnes qui ont assisté à l’assemblée.

Les représentants de General Dynamics ont répondu aux préoccupations des quelques personnes présentes lundi soir à l’Hôtel Moco. (Photo Journal Saint-François : Eric Tremblay)

La modernisation des équipements, dotés de certains systèmes de captation, saura diminuer les émanations dans l’air.

La perte de friche herbacée est évaluée à 0,94 hectare tandis que la diminution de la prairie humide est estimée à 0,07 hectare.

L’habitat des couleuvres brunes que l’on retrouve sera déplacé ailleurs sur le site de l’usine.

Quant à la circulation, on estime entre 4 et 5 le nombre de camions supplémentaires qui accèderont à l’usine chaque jour.

Si bien que General Dynamics envisage l’aménagement d’une nouvelle route, à partir de la route 132, pour éviter de circuler dans le quartier résidentiel avoisinant.

Le ministère des Transports étudierait par le fait même les besoins d’un feu de circulation à cette nouvelle intersection.

Bons salaires et risques

General Dynamics compte plus de 750 employés. Un nombre qui pourrait augmenter et atteindre 900 au terme de la mise en opération des nouveaux bâtiments.

Des employés qui pourraient toucher jusqu’à 45$/heure en moyenne. Si bien que la masse salariale pourrait atteindre 90 M $ en 2029.

Le travail comporte toutefois certains risques. Des accidents sont survenus sur le site ces dernières années. Daniel Lepage assure que la courbe est décroissante.

Le risque à Salaberry-de-Valleyfield est celui d’un incendie. Parce que la matière produite en est une énergétique. Ainsi, les nouveaux bâtiments seront munis de gicleurs rapides et modernes pour prévenir ce type de situation.