Après 18 ans en politique municipale dont quatre ans maire de Sainte-Chrysostome

Steve Laberge a tourné la page sur sa vie politique à Saint-Chrysostome. Dix-huit années à servir les citoyens. Bien que les derniers mois ont été houleux, ce qui a amené la Commission municipale du Québec à prendre le contrôle de la municipalité. Mais le maire sortant assure quitter la tête haute.

«J’ai laissé Saint-Chrysostome de la même façon que lorsque je suis rentré, a-t-il mentionné. Elle est repartie en marche. Je quitte la vie politique la tête haute et content des réalisations qu’on a faites ensemble [le conseil municipal]. Je n’ai pas peur de regarder les gens dans les yeux.»

M. Laberge fait cette déclaration après une année 2025 mouvementée. Quatre conseillers, Richard Beaudin, Martin Lafond, Jean-Luc Payant et Marc Roy ont remis leur démission en juillet.

Comme il n’y avait plus quorum, la Commission municipale a dépêché deux avocats pour administrer la municipalité à partir du mois de juillet.

«La Commission municipale ne m’a pas aidé, a affirmé Laberge, faisant un zéro avec ses doigts. J’ai trouvé la directrice générale par intérim, Isabelle Arcoite, qui est une machine. J’ai fait des miracles pour les citoyens. Je suis un vrai soldat avec des convictions et une ténacité. Je ne voulais pas laisser tomber les citoyens.»

Pas à OD

Après quelques mandats comme conseiller, il avait remporté une lutte à trois, défaisant notamment le maire sortant, pour accéder à la mairie en 2021. Il avait alors des objectifs clairs; un plan directeur en économie, des investissements dans les égouts et des routes à asphalter.

«J’avais une vision économique, a-t-il répété. Si tu vas là [en politique municipale], pour être aimé, tu n’es pas à la bonne place; ce n’est pas Occupation double.»

Les premières frictions sont apparues à l’adoption du dernier budget. Des conseillers ont proposé un taux de taxation fixe. Le maire a finalement tranché en faveur d’un taux variable, avec l’optique de protéger les petits producteurs agricoles.

Ensuite, à partir du printemps, des problèmes sont survenus si bien que des congés de maladie ont réduit l’appareil municipal. «Les conseillers me l’ont reproché; je leur ai répondu que j’étais maire, pas médecin de famille», a rétorqué M. Laberge.

Ce dernier ne cache pas que le climat était tendu. Il compare le tout à une équipe de hockey; quand tu gagnes, tout va bien, mais quand ça va moins bien, c’est le moment de se rallier.

En faveur des fusions

Devant l’ampleur de la tâche, Steve Laberge est en faveur d’un regroupement municipal pour réunir les forces.

«Au Québec, dans les petites municipalités, il est temps de penser aux fusions, de dire sans se défiler le maire sortant. Il y a de moins en moins de personnel. La fonction de directeur général, elle n’est pas facile. Si on veut que ça fonctionne adéquatement, on pourrait envisager les fusions.»

Il est d’avis que la politique municipale est malade et que le gouvernement doit agir.

L’avenir de Saint-Chrysostome

Sylvain Payant a été élu par acclamation comme maire de Saint-Chrysostome. «Les quatre prochaines années seront cruciales, voit le maire sortant pour la municipalité. Je pense qu’il s’agit du bon maire en place. Après, ce sera de trouver le bon directeur général.»

Cinq des six sièges seront en élections le 2 novembre. Sur ce point, Steve Laberge espère que les citoyens se rappelleront de leur été 2025 et se rappeler de «ceux qui ont quitté et ceux qui sont restés».

Quant à son futur, il envisage profiter de la vie et passer du temps en famille. Pour ce qui est de la politique, il n’a pas fait une croix définitive. «J’ai fermé mon livre, mais pas ma bibliothèque», a conclu Steve Laberge.