Ils viennent du Saguenay, des Îles-de-la-Madeleine ou de la Nouvelle-Écosse. Ils ne se connaissaient pas au départ mercredi matin au stade olympique. Mais ils vont rouler ensemble leur bout du Canada. Rencontre avec La Grande Traversée, qui est passée par l’école Baie-Saint-François, en direction de Vancouver, en milieu de semaine.

Pour la première fois en quatre éditions, ce tour à vélo pancanadien, initié par un directeur d’école francophone de la Colombie-Britannique, arrêtait à Valleyfield. Laurent Brisebois a été inspiré par Pierre Lavoie et a décidé d’être porteur de son message, dans sa communauté à Vancouver. «Un adolescent au Canada est sédentaire 9 heures par jour, c’est énorme, a-t-il rappelé. On connaît le constat en santé, il faut bouger pour être en forme. »

Ils étaient une trentaine de jeunes à rouler le premier segment de trois jours. Pascal, le seul cycliste de la Nouvelle-Écosse, ne se sentait pas isolé du tout. «Le groupe est incroyable, a dit celui qui poursuit l’œuvre de son frère Isaac, cycliste de la première édition. C’Est comme si on roulait ensemble depuis cinq ans. »

Cette unité est ce qui épate le plus Jean-Luc Brassard. Le Boss des bosses, porte-parole de cette épopée cycliste, était bien heureux de rouler chez lui. «C’est un événement qui a changé ma vie, a-t-il lancé. L’effet de gang permet de réaliser de grandes choses. Ce n’est pas une course; le but est que tous roulent ensemble, en s’entraidant. »

Après une journée de route, et deux nuits à dormir sur des petits matelas dans des gymnases, la fatigue se faisait un peu sentir. Mais la fébrilité permettait aux jeunes de se dépasser. «Le sommeil c’est rien. Je suis là pour l’expérience», a témoigné Mégane.

La Grande Traversée prépare déjà sa prochaine édition et en a profité pour lancer l’invitation aux étudiants de l’ÉBSF.

Des machines venues du Grand Nord

Du groupe, deux timides filles de 13 et 17 ans du Nunavik. Elles ont mis le pied au pédalier du programme sportif initié par l’ex-hockeyeur professionnel Joé Juneau. «C’est l’hiver 9 mois par année là-bas et il n’y a pas de routes. Pour leur première fois en vélo de route, elles se sont clanchés 100 km, a dit avec fierté l’ancien porte-couleurs du Canadien de Montréal. Ce ne sont pas nécessairement les meilleures. Ce sont des gens comme vous, mais qui se sont engagées dans une aventure et qui ont fait le nécessaire pour y arriver. »

Les deux demoiselles étaient muettes sur la scène de l’auditorium Robert Brain. Jean-Luc Brassard a également dit avoir été impressionné par ces participantes. «Les filles du Nunavik, ce sont des machines, a souligné le médaillé d’or olympique. Elles ont roulé en tête de peloton presque tout le long du premier trajet. Il a fallu les débarquer du vélo arrivé à l’ÉBSF. »

L’une d’elles, Rebecca St-Aubin, a mérité le maillot jaune du terme du premier jour de route pour souligner sa détermination, son leadership et son esprit d’entraide.