La baisse des cotisations des salariés, employeurs et travailleurs autonomes au Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) depuis le 1er janvier n’impactera pas les prestations versées aux familles qui accueilleront un nouveau-né, souligne la responsable des communications au sein du Conseil de gestion de l’assurance parentale Camille Tassé-Tétreault.

«Une baisse des cotisations ne signifie jamais qu’on offre moins au niveau des prestations, dit-elle. Les prestations, le pourcentage de remplacement de revenu, le nombre de semaines de prestation, tout ça reste tel quel.» Le Conseil gère le Régime et est fiduciaire du Fonds d’assurance parentale.

Le 1er janvier, les cotisations des salariés sont passées 0,494 % à 0,430 % du revenu de travail assurable par le Régime. La dernière baisse des cotisations remonte à «plusieurs années». Mme Tassé-Tétreault explique cette décision de Québec par des surplus au Fonds d’assurance parentale en raison d’une diminution des naissances.

Le bilan démographique du Québec – édition 2025 – de l’Institut de la statistique du Québec fait état d’une chute des naissances de 0,7 % en 2024 (77 400 nouveau-nés) comparativement en 2023 (77 950 nouveau-nés). «Cette diminution est de relativement faible ampleur, mais elle poursuit la tendance générale à la baisse du nombre de naissances depuis 2013», peut-on y lire dans les faits saillants.

La directrice générale du Réseau pour un Québec famille Corinne Vachon Croteau aurait préféré une bonification du Régime à partir des surplus du Fonds d’assurance parentale plutôt qu’une baisse des cotisations. L’ajout de semaines de paternité ou de congés à la suite d’un deuil périnatal parle davantage, selon elle. Le Réseau prône l’épanouissement, le bien-être et la qualité de vie des familles via des mesures et politiques, entre autres.

20e anniversaire du Régime

Le Régime québécois d’assurance parentale a été instauré en janvier 2006 afin de bonifier les finances des familles. En 20 ans, plusieurs mesures ont été créées.

Les incitatifs pour encourager les pères à s’engager davantage auprès de la famille, mis en place en 2020, ont porté leurs fruits. Le pourcentage de pères présents auprès de leur nouveau-né a fait un bond de 28 % en 2006 à 73 % en 2024. «Les études démontrent que c’est favorable pour un enfant d’avoir la présence de son père au niveau de son développement», soutient Mme Tassé-Tétreault.

La dernière réforme du Régime en 2020 comporte également le prolongement à 18 mois de la période de prestations pour les nouveaux parents et une ouverture au retour sur le marché du travail. «Les parents peuvent travailler tout en recevant des semaines de prestations du RQAP», indique la responsable des communications.

Données sur le RQAP en 2024

  • 63 700 = nombre de mères admises (45 semaines de prestations en moyenne)
  • 55 100 = nombre de pères admis (11 semaines de prestations en moyenne)
  • 2,7 milliards $ = montant versé en prestations
  • Près de 50 % = pourcentage de couples se partageant les prestations

Source : rapport annuel de gestion 2024 du Conseil de gestion de l’assurance parentale