Depuis le mois de septembre, le nouveau complexe de compostage de la Régie intermunicipale de valorisation des matières organiques (RIVMO) est en opération pour accueillir les matières organiques provenant des 18 municipalités des MRC de Beauharnois-Salaberry et du Roussillon.

L’inauguration officielle des installations le jeudi 29 octobre sur le site de l’ancien dépotoir de Salaberry-de-Valleyfield marque l’aboutissement d’un processus amorcé en 2012, a rappelé le préfet de la MRC de Beauharnois-Salaberry, Miguel Lemieux, également maire de Salaberry-de-Valleyfield. Les travaux avaient débuté à l’été 2025.

Le complexe est en mesure de traiter jusqu’à 45 000 tonnes de matières organiques par année, en provenance des deux territoires, soit près de 269 000 personnes. Il permettra du même coup de réduire les coûts de transport et les gaz à effet de serre qui étaient générés lorsque ces matières étaient transportées à Lachute, voire jusqu’en Estrie et dans la région de Québec.

Depuis plus d’un mois, plus de 85 camions remplis de matières compostables, résidus alimentaires et verts, déversent leur contenu sur la vaste plateforme de béton aménagée sur le site. Au bout de 10 à 12 semaines, ces matières deviennent du compost prêt à être redistribué dans la communauté.

Les installations comprennent une aire ouverte aménagée sur une grande plateforme de béton étanche, de même que des cellules aérées, préconisées notamment pour les résidus alimentaires.

Un bâtiment destiné à loger des espaces de bureaux et un garage complètent également le projet. 

Le compost perçu à même les bacs bruns des deux MRC ne suffira pas toutefois à faire fonctionner le site à pleine capacité. Pour atteindre cet objectif, des démarches seront déployées pour impliquer de nouvelles municipalités de la région, des entreprises privées, voire les établissements scolaires et de santé, a indiqué la directrice générale intérimaire de la Régie, Linda Phaneuf.

« Il y a un gros travail de sensibilisation à faire également auprès de la population, car plusieurs matières destinées au bac noir se retrouvent encore trop souvent dans le bac brun », note Mme Phaneuf. Incidemment, les coûts associés aux déchets domestiques du bac noir sont de beaucoup supérieurs pour les municipalités.

Projet de 39,5 M$

La présidente de la Régie et mairesse de Ville Mercier, Lise Michaud a mentionné que ces nouvelles installations permettront un meilleur contrôle des coûts de disposition des matières organiques. Elle a parlé d’un « engagement des municipalités pour un développement régional durable… La réalisation de ce complexe démontre ce que deux MRC peuvent accomplir lorsqu’elles unissent leurs efforts autour d’une vision commune. »

Une plaque commémorative a été dévoilée par les préfets Lise Michaud et Miguel Lemieux, en présence des maires Jean-Claude Boyer (Saint-Constant) et Christian Marin (Saint-Philippe). (Photo Le Saint-François – Mario Pitre)

Les coûts du projet représentent un investissement de 39,5 M$. De ce montant, une part de 29,9 M$ est assumée par les deux MRC au prorata de leur population, alors qu’une autre de 10,2 M $ est couverte par les gouvernements de Québec et d’Ottawa.

Mme Michaud a souligné la contribution des entreprises qui ont travaillé sur la réalisation des aménagements, celle des ex-préfets Sylvain Payant et Yves Daoust, de même que les directeurs généraux des deux MRC, Linda Phaneuf et Gilles Marcoux.

Une plaque commémorative a été dévoilée lors de l’inauguration afin de marquer dans le temps cette réalisation d’envergure.

Le maire Miguel Lemieux a aussi mentionné que le secteur où se trouve le complexe de compostage est appelé à devenir un Hub, un lieu de convergence  en valorisation des déchets, avec la présence à proximité de l’usine d’épuration des eaux et de la future usine privée de biométhanisation.