Le service de transport scolaire est perturbé en ce jeudi 22 octobre pour de nombreux parents de Salaberry-de-Valleyfield, alors que la cinquantaine de conducteurs du transporteur Autobus Venise ont entrepris une grève, entérinée dans une proportion de 100% le 18 septembre dernier.

Le conflit de travail affecte les circuits 001 à 037 qui desservent diverses écoles du Centre de services scolaire de la Vallée-des-Tisserands situées principalement sur le territoire de Salaberry-de-Valleyfield. Les parents concernés doivent donc assumer eux-mêmes le transport de leurs enfants vers l’école.

Les syndiqués étaient bien visibles jeudi matin sur le piquet de grève dressé à l’intersection des rues Hébert et McArthur, pancartes, sifflets et drapeaux à la main.

Les syndiqués étaient bien visibles jeudi matin à l’intersection Hébert/McArthur. (Photo Le Saint-François – Mario Pitre)

Le président du local 700 du syndicat Unifor, Alain Daigle, a expliqué que la question des salaires était au centre du conflit, alors que l’employeur a offert des augmentations de 4,5% sur trois ans, jugées insuffisantes, alors que l’indice des prix à la consommation se situe à 3,1% en septembre 2026.

La direction proposerait également des reculs au niveau des garanties d’heures de travail, qui avaient pourtant été au cœur du règlement du précédent conflit de travail, il y a trois ans.

« Il y a trois ans, les garanties d’heures ont contribué à mettre fin au conflit. Aujourd’hui, l’employeur veut les affaiblir en imposant des formations pendant les journées pédagogiques sans rémunération supplémentaire et d’autres au-delà des heures quotidiennes sans payer les heures additionnelles. Nos membres réclament des salaires à la hauteur de leur travail et des garanties d’heures qui leur assurent un revenu stable et prévisible », déclare Jonathan Blais, représentant national d’Unifor.

Deux rencontres de négociation étaient prévues ces derniers jours mais ont été annulées par la direction, indique le syndicat. « On ne règle pas une négociation en annulant les rencontres. Nos membres ont clairement exprimé leur détermination à défendre leurs conditions de travail. L’employeur doit revenir à la table avec la volonté de négocier sérieusement », a ajouté Alain Daigle.

Celui-ci admet que ce mouvement de grève occasionne des complications pour de nombreux parents. Plusieurs dénoncent d’ailleurs la situation sur les réseaux sociaux, notamment Marie-Ève Breton, de Liquidation Marie, qui écrit sur Facebook: « Encore une fois, ce sont les parents qui devront se casser la tête pour trouver des solutions afin d’assurer le transport scolaire de leurs enfants ! Je comprends qu’il y a des négociations et que les travailleurs ont des droits. Mais les parents aussi ont des responsabilités, des emplois et des obligations ! On ne peut pas toujours faire porter les conséquences de ces conflits aux familles »

Alain Daigle fait cependant valoir «On n’a pas le choix, dit-il. On ne peut retourner au travail dans ces conditions.»

De son côté, le Centre de services scolaire de la Vallée-des-Tisserands a prévu certaines mesures dans les circonstances, en communiquant notamment avec les services de police afin qu’une vigie soit assurée aux abords des écoles au moment de l’arrivée et du départ des élèves.

Aussi, des secteurs ont été identifiés aux abords de l’école secondaire Baie-Saint-François pour permettre aux parents d’y laisser leurs enfants sans occasionner de cohue.

Notons que la grève de 2023 s’était étalée sur une période de quatre mois. Autobus Venise est la propriété de l’entreprise de transport Sogesco, basée à Drummondville, qui possède une trentaine de filiales au Québec, dont celle de Salaberry-de-Valleyfield.