Selon une étude, plus d’un étudiant du secondaire sur quatre aurait consommé du cannabis en Montérégie. Dans le Suroît, cette statistique augmente à près de deux étudiants sur 5, soit plus que partout ailleurs dans la région.

Tel est le constat du portfolio thématique sur la consommation de cannabis en Montérégie du Centre intégré de santé et services sociaux de la Montérégie-Centre publié en janvier dernier.
En Montérégie, on recense 20 600 jeunes, soit 27 % des étudiants du secondaire, qui ont consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois.
Dans l’ouest de cette région, la statistique se situe à 29 %; 38 % dans le Suroît, 32 % dans les Jardins-Roussillon, 25 % dans le Haut-Saint-Laurent

La direction de la santé publique de la Montérégie se penche actuellement sur la situation.

 

Pour l’ensemble de la province, c’est 25 % de la population étudiante du secondaire qui a consommé du cannabis au cours de la dernière année.
Autre particulier dans le Suroît, ce sont davantage des filles (39%) que des garçons (37 %) qui ont fumé un joint au cours de la dernière année.
Parmi les élèves du secondaire ayant consommé de la drogue, seulement 4% n’ont pas consommé de cannabis au cours de l’année.
«La consommation de toute substance psychotrope, comme la consommation d’alcool, qui est encore plus fréquente chez les jeunes du secondaire, est une situation sur laquelle la Direction de santé publique de la Montérégie se penche», explique la directrice Dre Julie Loslier.

Conscientisés dès l’école primaire
Que ce soit avec l’approche École en santé ou des programmes spécifiques de prévention, les élèves du primaire et du secondaire sont conscientisés et sensibilisés aux différentes dépendances. Mais «dépendamment de l’âge, nous ne travaillons pas de la même façon», explique la Dre Julie Loslier.
«Par exemple, dans les programmes de prévention au primaire, nous allons éviter de parler spécifiquement des substances, explique-t-elle. Plusieurs recherches démontrent qu’avant le secondaire, nous devons travailler sur des habiletés personnelles et sociales. Par exemple, la résolution de problèmes, l’estime de soi et la capacité à dire non.»
La directrice ajoute qu’un enfant qui a une plus forte estime de soi «sera davantage en mesure de faire face à des situations problématiques et consommera moins plus tard».
À l’inverse, les élèves ayant un indice de détresse psychologique élevé, une faible estime de soi ou qui évaluent leurs performances scolaires sous la moyenne sont proportionnellement plus nombreux à consommer du cannabis.

Retarder la consommation
Les habiletés sociales continuent d’être mises de l’avant dans les méthodes de prévention lorsque les jeunes font leur entrée à l’école secondaire. Toutefois, des programmes abordent alors plus spécifiquement chacune des substances.
«Nous cherchons à agir de façon proportionnelle, explique la Dre Julie Loslier. Nous n’agirons pas de la même manière avec un jeune qui a problème de consommation versus avec l’ensemble des jeunes. Nous ne voulons pas créer plus de problèmes que nous en avons.»
«Notre objectif en santé publique est de retarder la consommation, explique la Dre Julie Loslier. Nous savons que si notre objectif était que les jeunes ne consomment jamais, nous n’aurions pas les bonnes cibles d’action. Et nous envoyons le message suivant: plus vous consommer tard dans votre vie, moins vous avez de chance d’avoir éventuellement une consommation problématique et des conséquences.»
La Direction de santé publique mise aussi «sur les consommations à moindres risques» pour conscientiser les jeunes aux dangers de certains mélanges.
«Nous les conscientisons par exemple aux dangers de consommer et conduire et de mélanger drogues et alcool, mais aussi à la question des relations sexuelles dans une situation où les facultés sont affaiblies», précise la Dre Loslier.
Elle rappelle par ailleurs que de la même façon que l’alcool, le cannabis peut avoir des conséquences «s’il est pris en grande quantité et de façon régulière».

«Il ne faut pas nier les effets du cannabis, mais il ne faut pas les démoniser non plus. Il faut les voir de façon proportionnelle avec d’autres psychotropes.» – Dre Julie Losier

Parmi les élèves ayant consommé de la drogue au cours des douze derniers moins, plus de 20% ont consommé trois fois et plus par semaine ou tous les jours.
«Si un jeune consomme beaucoup et fréquemment, il y a des chances que son apprentissage et sa motivation en souffrent. C’est certain que ça pourrait affecter le développement du cerveau», conclut-elle.

(Avec la collaboration de Vanessa Picotte)