La Fédération des infirmières du Québec – Syndicat des professionnels en soins de la Montérégie-Ouest (FIQ-SPSMO) a entrepris une procédure pour récupérer 638 676,43 $ auprès son ancienne présidente, Mélanie Gignac, soupçonnée de fraude.
La demande introductive d’instance en recouvrement de fonds, dérobés des suites d’une fraude, a été reçue le 21 septembre dernier au palais de justice de Valleyfield, selon l’information dévoilée vendredi par Any Guillemette de Cogeco Média.
Dans les documents judicaires consultés au greffe du palais de justice par Gravité INFO, il est indiqué que le trésorier a quitté son poste vers ou au début du mois de février 2025. Mélanie Gignac, déjà présidente, a alors convaincu l’exécutif syndical qu’elle pouvait assumer la charge de travail.
«Sous des apparences d’efficacité et de bienveillance, s’amorce alors une vaste opération de la défenderesse [Mélanie Gignac] visant à dérober le demandeur [FIQ-SPSMO] de plusieurs centaines de milliers de dollars par trois principales manières», prétend le syndicat.
Il est question de faux chèques, de la création d’un système de paiement électronique du demandeur à de faux fournisseurs et du versement frauduleux d’allocations salariales, de remboursement, de primes et de dépenses.
Au total, 23 transactions jugées suspectes, entre le 1er mai 2025 et le 28 avril 2026, ont été soulevées par la FIQ-SPSMO. L’organisation syndicale a mis en place un comité spécial d’enquête à la mi-août après que des premiers doutes soient apparus.
Les montants de ces transactions varient entre 266,74 $ et 86 523,84 $.
Quant aux primes qu’elle se serait illégalement autorisées, elles atteindraient plus de 83 000 $, soutient le poursuivant.
Des dépenses illégitimes, que ce soit dans des commerces ou à l’Ordre des inhalothérapeutes, seraient pour leur part de l’ordre de près de 6300 $.
Logiciel espion
La version du demandeur soutient aussi que son ancienne présidente, relevée de ses fonctions au début du mois de septembre, aurait fait l’usage d’un logiciel espion.
«Afin de tenter de couvrir sa fraude et de contrôler tous les accès informatiques des membres de l’exécutif syndical du demandeur [FIQ-SPSMO], la défenderesse [Mélanie Gignac] a acheté et fait installer un logiciel de contrôle avancé, prétend le demandeur. L’objectif manifeste de la défenderesse était de contrôler toutes les actions de l’exécutif syndical afin de dissimuler sa fraude.»
Outre cette procédure judiciaire, il a été permis d’apprendre que la Sûreté du Québec a aussi ouvert une enquête de son côté.

