Sept soupers dans la même soirée, des journées qui commencent à 6 h, une famille qu’il faut réussir à préserver et une anxiété qui ne disparaît qu’avec les résultats. Après plusieurs campagnes électorales, Stéphane Billette connaît bien cette réalité que les électeurs voient rarement.
De l’extérieur, une campagne, ce sont les pancartes, les débats et les candidats sur le terrain. De l’intérieur, c’est une tout autre histoire.
Ancien député de Huntingdon pendant près de dix ans, Stéphane Billette se souvient de journées qui commençaient dès 6 h avec deux déjeuners dans deux restaurants différents, suivis de visites d’entreprises, de rencontres et d’activités.
Un soir, il a même enchaîné sept soupers avant de rentrer chez lui vers une heure du matin.
« Je me suis aperçu que je n’avais pas soupé. »
Derrière le candidat, un père
Lorsqu’il se lance en politique, ses enfants sont encore tout petits. Sa fille n’a que deux ans.
À l’époque, pas de FaceTime pour garder facilement le contact lorsqu’il est à Québec. Il trouve donc ses propres façons de rester présent et tente d’intégrer ses enfants à sa vie politique.
Ils finissent par connaître les meilleurs soupers spaghetti… et même les salles où il y a du Wi-Fi.
Mais quand son garçon commence à jouer au hockey, Billette prend une décision : certaines choses passeront avant la politique.
« Je n’ai jamais manqué une partie. »
L’année suivante, sa fille se met elle aussi au hockey. Même règle.
« Je préférais être avec mes enfants à l’aréna que d’être dans un souper. »
L’anxiété jusqu’au dernier vote
Malgré toutes ces heures sur le terrain, Billette raconte qu’à l’approche du scrutin, il avait toujours l’impression de manquer de temps.
Et en 2018, il ne voit pas venir sa défaite.
« Du tout, du tout, du tout. »
Après presque dix ans à l’Assemblée nationale, tout s’arrête. Le contraste est brutal.
« C’est comme dire : je roule à 160 km/h à la journée. Boum! L’auto arrête d’un coup. »
Stéphane Billette
Habitué aux centaines de courriels, aux rencontres et à un agenda constamment rempli, il se retrouve soudainement chez lui. Il raconte qu’à une certaine période, la seule personne à qui il parlait dans sa semaine était la caissière du Super C.
Et pourtant, il a failli revenir
Huit ans plus tard, malgré tout ce qu’il connaît de cet envers du décor, l’appel de la politique se fait sentir de nouveau.
« J’avais le goût de revenir. »
Son intention était réelle et son parti était au courant.
Puis, sur un bateau à Montréal avec sa conjointe, un moment tout simple lui fait réaliser ce qu’il devrait laisser derrière lui : son travail qu’il aime, ses hivers à Tremblant, le ski et cette qualité de vie qu’il a retrouvée.
« Tout s’est mis à défiler dans ma vie. »
Il choisit finalement de passer le flambeau.
Aujourd’hui, Stéphane Billette regarde la campagne de l’extérieur. Et derrière les pancartes, les poignées de main et les candidats qui courent d’une activité à l’autre, il sait mieux que quiconque tout ce qu’une campagne demande aussi à l’humain qui la vit.
🎧 Écoutez l’entrevue complète avec Stéphane Billette pour découvrir l’envers du décor d’une campagne électorale. 👉 Entrevue complète

