Mélanie Lussier a décidé de ne pas se laisser abattre par le décès de son fils, Michael, qui a rendu l’âme à l’âge de 23 ans seulement, des suites d’une overdose. Avec l’aide de collaborateurs bénévoles, elle a travaillé à la réalisation d’une docu-fiction qui peut agir comme un baume pour les proches des personnes décédées de façon tragique.
Le court-métrage de 15 minutes intitulé Michael, mon fils sera présenté au Cinéma 7 de Valleyfield le dimanche 18 octobre à 11h30, de même que le 8 novembre à 19h au Cinéma Le Clap, à Sainte-Foy. Les représentations donneront lieu à des périodes d’échanges.

Réalisé par Sébastien Blanchet, il fait appel à une équipe d’une vingtaine de professionnels du cinéma qui ont accepté de consacrer bénévolement 4 jours de tournage à ce projet profondément humain. Parmi ceux-ci, les comédiens Sylvain Laforest, Claire Jacques, sans oublier Mélanie Lussier elle-même.
Mal de vivre
Michael est décédé d’une surdose de stupéfiants le 13 mai 2022, un vendredi 13, alors qu’il se trouvait dans les rues de Vancouver.
Deux mois plus tôt, rongée par l’inquiétude de ne pas avoir de ses nouvelles, Mélanie Lussier n’avait pas hésité à faire le trajet de 21 heures en voiture jusqu’à la « ville de verre » pour le retracer; et finalement le trouver dans la rue, à deux pas de son hôtel.
Mais même revenu à la résidence familiale de Franklin et avoir déniché un petit boulot, le jeune homme était de nouveau accaparé par ses démons et décidait de reprendre le chemin vers l’épicentre de la consommation d’opioïdes au Canada. Un choix qui lui a été fatal.
Des proches qui se sentent coupables
Comme dans les cas de suicide, la mort d’un proche dans des conditions violentes émotivement procure un sentiment de honte.
« Ce que je souhaite rappeler dans ce court-métrage, c’est que ces événements peuvent arriver à n’importe qui, peu importe le milieu, mentionne Mélanie Lussier. Mais surtout qu’il est important d’en parler et d’en faire connaître les conséquences subis par l’entourage. »
Le comédien Sylvain Lussier interprète le rôle de Michael dans le docu-fiction. « C’était un gros défi, dit-il, mais j’avais l’impression qu’il me dictait la voie… c’est également important de faire savoir qu’il y a des ressources disponibles pour traiter ce type de problèmes. »
Pour sa part, la comédienne Claire Jacques a agi comme célébrante aux funérailles de Michael. Elle a trouvé excellente l’idée d’observer le deuil autrement, par la voie artistique. « Il y a beaucoup de honte qui gravite autour de ce type de décès, convient-elle, il est de mise d’en parler autrement. »
Les artisans de Michael, mon fils souhaitent que le court-métrage trouve écho dans la communauté, sur d’autres plates-formes médiatiques, voire ailleurs, puisqu’il traite d’un drame humain, universel.
Ils ont pu compter sur plusieurs contributions précieuses lors des périodes de tournage à Franklin, notamment de la boulangerie Chartrand, du resto Express 57, du camping Lac des pins, du IGA Ormstown et du magasin F. Ratté.
Une cinquantaine de billets ont déjà trouvé preneur pour la représentation du 18 octobre à Valleyfield. Pour information ou contribution volontaire, [email protected].

