Will a utilisé les différents services pour se sortir de la rue. Différents intervenants sont intervenus durant son parcours, ce qui lui a permis d’ouvrir ses horizons. «Ils font crissement bien leur job», a-t-il lancé lors de la conférence de la 22e Nuit des sans-abris qui aura lieu le 16 octobre au parc Sauvé. Le constat est qu’il manque toutefois d’intervenants pour répondre à la demande.
Une réalité qui a été exposée au lendemain de deux décès rapportés chez des personnes en situation d’itinérance, un à Montréal et l’autre à Granby.
«Le risque zéro n’existe pas, mais ici, à Salaberry-de-Valleyfield, les personnes en situation d’itinérance sont concentrées dans un lieu, a expliqué Louis-Philippe Boucher, spécialiste en activités cliniques à Santé Québec, Montérégie-Ouest. C’est plus facile qu’auparavant de faire nos check-up. Il y a moins de chances d’en échapper un.»
La Table de concertation en itinérance, sur laquelle siège la Sûreté du Québec, met en relation les différents partenaires impliqués. Ils connaissent bien cette clientèle vulnérable, mais les besoins grandissent. Juste à la Halte permanente, la fréquentation a augmenté de 29% en peu de temps.
La force du sourire
Will a vécu dans la rue de septembre à juin. Un accident l’a laissé avec 69 fractures, un poumon perforé et des accidents vasculaires cérébraux. Il a découvert les services et les fréquente toujours. «C’est grâce à eux et à mes efforts que j’ai réussi à me trouver un hébergement, a-t-il dit. La première fois que je suis allé chercher de l’aide, ça m’a ouvert l’esprit. Quand j’ai commencé mon suivi, ça m’a permis d’ouvrir mes horizons.»
Il a été mis en contact avec des intervenants ouverts à la discussion, sans jugement, présents pour aider. Un premier contact souriant qui a instauré un climat de confiance.
«Ils [les intervenants] nous aident à cheminer, a-t-il ajouté. Ils nous tendent la main et nous aident à éviter de retourner dans la rue. Il faut mobiliser les forces et créer un changement. Ça va se faire comment s’il manque de ressources? On a besoin de plus de personnes.»
L’aide au loyer
Will a désormais un toit sur la tête. Il dispose d’un programme de supplément au loyer (PSL) qui défraie 75% de son loyer mensuel. «Ça m’a aidé à avoir un logement avec mon chien, a-t-il affirmé. Pour ça, ça prend des propriétaires qui veulent donner une chance. Mais ce que j’entends, il n’y en a pas des tonnes, des méchants bons propriétaires comme le mien.»
Geneviève McSween, intervenante à Réinvente-Toit, un projet d’appartements supervisés pour les personnes toxicomanes et/ou alcooliques, a parlé de la réalité de ces personnes qui veulent se reprendre en main.
«L’hébergement est d’une durée de deux ans et j’ai eu, par la suite, à accompagner mes résidents pour parler avec des propriétaires dans leur recherche de logement, a-t-elle avancé. Un passé de toxicomane ou d’itinérance, il y a beaucoup de préjugés de la part des propriétaires.»
Les aînés sont une autre clientèle en augmentation dans la rue. Mme McSween a parlé d’un usager, avec un petit handicap, qui ne «cote pas» pour un hébergement à loyer modique. Elle l’accompagne afin qu’il puisse se dénicher un logement qu’il peut se permettre.»
Sur ce dossier, Mission Unitaînés viendra répondre en partie aux besoins avec ses 100 logements, destinés à une clientèle de 65 ans et plus, à compter de l’an prochain.

