Rien n’est toujours réglé, voire négocié entre la Ferme St-Zotique et ses travailleurs syndiqués qu’elle a mis en lock-out le 2 octobre. Une soixantaine d’entre eux se sont rendus au siège social de Burnbrae Farms, à Lyn, en Ontario, le mercredi 21 octobre, afin de demander à l’employeur de reprendre les négociations et de mettre fin au conflit.

Selon le syndicat CSN, ses demandes monétaires ont été déposées le 16 octobre dans le cadre de la conciliation. L’employeur devait y répondre le 16 octobre, mais a annulé la rencontre prévue et reporté sa réponse au 11 novembre, invoquant une réévaluation de ses opérations par ses hautes instances.

C’est pour cette raison qu’une délégation de travailleurs s’est rendue au siège social de Burnbrae Farms mercredi. « On nous a expliqué que les décisions se prennent au plus haut niveau de l’entreprise, mentionne la présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Ferme St-Zotique (STTFSZ–CSN), Régine Sergerie. C’est pour ça qu’on est venus porter notre message ici ! On veut retourner au travail, mais pour y arriver, il faut que Burnbrae revienne à la table avec la volonté de conclure. »

Des oeufs importés des États-Unis ?

Pour sa part, la présidente de la CSN, Caroline Senneville, a évoqué la possibilité que l’entreprise agroalimentaire aille jusqu’à importer des oeufs du côté américain pour répondre à la demande.

« Pendant que les salariés sont maintenus en lock-out, l’entreprise a indiqué à ses clients qu’elle pourrait s’approvisionner en œufs provenant des États-Unis pour alimenter le marché québécois, dit-elle. Les travailleuses et les travailleurs de Saint-Zotique sont pourtant disponibles et prêts à effectuer leur travail. La meilleure solution demeure de reprendre les négociations. »

En entrevue à LCN mardi, le président de la Fédération du commerce–CSN, Serge Monette, a rappelé que ce conflit n’est pas une grève. « Ce sont des salariés qui ont été mis en lock-out par leur employeur. On demeurera à leurs côtés jusqu’à ce qu’ils obtiennent une convention collective juste et le retour au travail qu’ils réclament depuis le début. »

Des représentants de la CSN sont allés appuyer les travailleurs de Saint-Zotique au siège social de Lyn.

« Quand un employeur s’attaque à un syndicat, il s’attaque à tout le mouvement. Le 2 octobre, on avait dit qu’on ne laisserait pas tomber les travailleuses et travailleurs de la Ferme St-Zotique. Aujourd’hui, on est là. Ils ne sont pas seuls, et la direction doit le comprendre », a lancé la présidente du Conseil central de la Montérégie–CSN, Audrey Benoit.