Le paysage apparaît différent cet automne à la Marina Valleyfield. Pour une première année, aucune embarcation ne peut être entreposée sur le site pour la période hivernale comme c’était le cas depuis des décennies.
En circulant sur la rue Victoria à son extrémité ouest, on constate que les espaces de stationnement sont totalement déserts, autant que les quais où sont amarrés des centaines de bateaux à la belle saison.
La Ville de Salaberry-de-Valleyfield avait pris cette décision l’an dernier afin, d’une part, d’assurer une meilleure connexion entre les parcs Delpha-Sauvé et Marcil.

La phase 2 du projet de réfection des berges attend toujours les autorisations environnementales, mais pourrait se mettre en branle dès 2027, indique le maire Miguel Lemieux. Ces travaux réalisés à l’hiver laissent anticiper d’importants dérangements sur le site.
La Ville faisait également valoir le dérangement de citoyens du secteur quant au bruit engendré par les gréements des voiliers et la perte du champ visuel sur la baie Saint-François.
Une décision qui dérange
Cette décision a causé certains remous au sein de la communauté des plaisanciers, particulièrement les propriétaires de voiliers qui étaient directement touchés par cette mesure, forcés d’entreposer leurs embarcations ailleurs qu’à la marina.
Pour l’hiver qui vient, une cinquantaine de propriétaires ont pu entreposer leur voilier à la Marina Port-Lewis, de Sainte-Barbe, où de nouveaux espaces d’entreposage ont été aménagés.
D’autres ont trouvé refuge en divers endroits privés, mais nos sources confirment également que certains propriétaires ont simplement choisi de vendre leur voilier.
Un plaisancier de longue date nous confiait que l’arrivée d’un nouvel exploitant à la marina depuis deux ans, Gestion Nauti-Cités, a occasionné de nombreux changements, notamment une hausse des tarifs et de nouveaux frais de stationnement pour les voitures.
Selon lui, plusieurs plaisanciers ont indiqué qu’ils ne reviendraient pas l’an prochain. « On a déjà eu jusqu’à 200 voiliers à la marina, l’an dernier on n’en comptait que 82. L’atmosphère n’est plus la même », dit-il.
Pour sa part, le maire Miguel Lemieux n’éprouve aucune crainte sur la capacité de la marina d’attirer de nouveaux clients, puisque la liste d’attente pour 2027 est bien remplie, selon lui.
M. Lemieux nie également les affirmations selon lesquelles la marina souhaite privilégier les embarcations à moteur plutôt que les voiliers afin d’occuper ses quelque 400 places à quai.
Notons qu’au cours des dernières années, la fermeture de certaines marinas situées dans la région métropolitaine, de même que la baisse des niveaux d’eau à certains moments, ont eu un effet sur le degré d’achalandage des installations nautiques.

