Plus de 500 fugues ont été signalées jusqu’à présent cette année au Centre Jeunesse de la rue Jacques-Cartier, un constat que déplore le maire de Salaberry-de-Valleyfield, Miguel Lemieux.

Dans un long texte publié sur son profil Facebook, le maire révèle que la SQ a même dû gérer plus de 70 cas dans un même mois. « Vous n’avez donc pas la berlue si vous remarquez qu’il y a souvent des avis de disparition pour des jeunes, souvent des jeunes filles, que l’on identifie en provenance de Salaberry-de-Valleyfield. Selon les données de la Sureté du Québec, dans 80 % à 90 % des cas de disparition sur notre territoire, il s’agit de fugues en lien avec le centre jeunesse », écrit-il.

Celui-ci met en cause les nouvelles directives émises par la directrice de la DPJ, Lesley Hill, qui réduisent au maximum les mesures ayant pour effet de restreindre les libertés des jeunes accueillis en centre jeunesse.

Il cite à cet effet un récent reportage publié dans La Presse, dans lequel la directrice de la DPJ «affirme que le sujet des fugues en centre de réadaptation pour jeunes en difficulté d’adaptation (CRJDA) est complexe et multifactoriel. Mais pour elle, il faut éviter le plus possible la répression. Quitte à ce que des fugues surviennent. »

Dans ce même dossier, une représentante syndicale du secteur des Laurentides, Marie-Ève Meilleur, déplore qu’on « est passé d’un extrême à l’autre » dans les centres de réadaptation pour jeunes en difficulté d’adaptation (CRJDA), soit « de milieux trop restrictifs à trop libertaires ».

Du point de vue municipal, le maire Miguel Lemieux soulève les efforts déployés par les policiers de la SQ pour répondre à ces fugues.

« Il faut savoir que pour chaque cas de disparition qui est signalé, des effectifs policiers doivent être déployés sur le champ, explique-t-il. Lorsqu’il s’agit d’une fugue considérée à risque, c’est un déploiement total, c’est-à-dire que c’est l’ensemble des forces policières qui sont mobilisées, parfois pendant de longues heures. Ainsi, lorsque nos policiers sont dirigés vers ces interventions, ils ne peuvent pas faire autre chose en même temps. »

M. Lemieux estime que des choix s’imposent dans les circonstances. «… soit on exige une modification de l’approche actuellement prônée par la direction de la protection de la jeunesse, soit on octroie aux régions affectées les ressources supplémentaires qui sont indispensables pour compenser les effets pervers de cette approche sur les services policiers. Le statu quo n’est pas tenable. »

Des rencontres ont été organisées à l’initiative du député de Beauharnois, Claude Reid, afin de trouver une solution face à cette problématique.