Si en 2025 on a recensé 9 cas de rage du raton laveur en Montérégie, le ministère de l’Environnement, de la Lutte aux changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) en a recensé 101 en date du 31 juillet. Une situation qui n’est pas sous contrôle et qui préoccupe. Le ministère a récemment entrepris une vaste opération de vaccination dans la région.

Le territoire affecté par la rage du raton laveur a pris de l’expansion depuis le début de l’année. Un nouveau foyer est en émergence dans l’ouest de la Montérégie à Saint-Anicet et Godmanchester, depuis le mois de juin.

Un chat errant infesté par la rage, qui a notamment griffé trois résidents, a été détecté le 23 juillet à Godmanchester.

Depuis le 3 août et jusqu’au 13 septembre, les agents de la faune vont distribuer 815 000 appâts vaccinaux dans 97 municipalités de la Montérégie, mais aussi en Estrie et dans le Centre-du-Québec.

«L’expansion récente du territoire affecté par la rage du raton laveur dans le sud du Québec démontre que la situation n’est pas encore sous contrôle, donc que le niveau de vaccination des ratons laveurs requis pour stopper la propagation de la maladie en milieu naturel n’a pas encore été atteint, a laissé savoir Louis Potvin, porte-parole du MELCCFP. Les efforts de vaccination se poursuivront au cours des prochaines années, puisque plusieurs années seront nécessaires pour arriver à contrôler la propagation de la rage du raton laveur et arriver à l’éliminer de nouveau du territoire québécois.»

Seul moyen éprouvé

Les appâts vaccinaux ressemblent à des sachets de ketchup verdâtre ou à un ravioli vert kaki. Les zones visées se retrouvent dans des boisés, sur les berges et les cours d’eau, en bordure des champs agricoles et des bâtiments abandonnés et aux abords des poubelles.

Un type d’opération qui a permis de créer une barrière vaccinale, notamment dans d’autres provinces et chez nos voisins du sud. Cependant, au-delà de cette intervention, la contribution humaine est aussi requise pour assurer un franc succès.

Un nouveau foyer de la rage du raton laveur est en émergence dans l’ouest de la Montérégie à Saint-Anicet et Godmanchester, depuis le mois de juin. (Photo : archives)

«La barrière vaccinale permet de freiner la propagation du virus au sein de la population de ratons laveurs et limiter le nombre d’animaux infectés en milieu naturel. Éventuellement, la rage est éliminée du secteur. Cependant, si des animaux infectés sont relocalisés à l’extérieur de la zone de vaccination ou dans des secteurs qui n’ont pas fait l’objet de vaccination, ceci peut contribuer à la propagation rapide de la rage du raton laveur sur le territoire. Le fait de déplacer un animal dérangeant dans un boisé à un ou deux kilomètres peut sembler anodin, mais nuit grandement aux efforts déployés par le gouvernement pour lutter contre la rage du raton laveur. Une fois déplacé, l’animal peut parcourir une grande distance, entre 10 à 20 kilomètres.»

Le taux de succès d’opérations similaires menées par le passé en milieu naturel a oscillé entre 45 et 65%. M. Potvin a laissé savoir qu’une proportion de ratons laveurs vaccinés entre 50 et 60% s’était avéré efficace pour contrer la propagation de la rage.

Il a aussi indiqué que des opérations de type «capturer-vacciner-relâcher» pourrait venir compléter la distribution d’appâts vaccinaux.

Entre 3 et 5 M$

Le coût des opérations de vaccination contre la rage du raton laveur évolue entre 3 et 5 M$ annuellement. L’an dernier, 70% du budget avait été attribué à l’achat d’appâts vaccinaux.

Un investissement qui vaut la peine selon les données recueillies.

«Une étude coûts-bénéfice réalisée en 2025 en Ontario met en lumière que chaque dollar investi dans les opérations de contrôle de la rage du raton laveur permet d’économiser entre 1,5 $ et 14 $ en coûts reliés aux soins de santé associés à la rage du raton laveur», a fait savoir le porte-parole du MELCCFP.

Les milieux agricoles, comme ceux du Haut-Saint-Laurent, sont un terreau fertile pour la propagation de la maladie mortelle.  (Photo Mathilda Renneteau : gracieuseté)